F.F. Soucy : fermeture et faillite, impact sur les employés

F.F. Soucy : fermeture et faillite de l’usine de Rivière-du-Loup.

L'usine F.F. Soucy. Source : Papiers White Birch

De l’industrie

La fermeture définitive de l’usine F.F. Soucy, à Rivière-du-Loup, continue de provoquer des ondes de choc dans le Bas-Saint-Laurent. 

Après la confirmation officielle par Papiers White Birch de la mise à l’arrêt permanente du site, le syndicat Unifor se dit profondément attristé et exprime sa solidarité envers les quelque 175 travailleuses et travailleurs touchés.

Active depuis plus de soixante ans, l’usine F.F. Soucy était considérée comme l’un des piliers industriels de Rivière-du-Loup et un employeur majeur pour la région. Spécialisée dans la production de papier journal standard et amélioré destiné aux journaux et imprimeurs commerciaux au Canada et aux États-Unis, elle occupait une place centrale dans le tissu économique et social local.

La décision de fermeture survient au terme de plusieurs mois d’incertitude. Les opérations avaient été suspendues à l’été 2025 et un redémarrage avait un temps été envisagé pour janvier 2026. Selon White Birch, aucun scénario ne permettait toutefois d’assurer la viabilité économique de l’usine à court ou moyen terme, même avec un appui externe.

Le site devait composer avec une conjoncture défavorable pour le papier journal : chute structurelle de la demande, coûts d’exploitation élevés et besoins importants d’investissement pour moderniser les équipements. Ces facteurs combinés ont réduit les perspectives de relance et mené à l’officialisation de la fermeture, entraînant la suppression d’environ 175 emplois directs.

Du côté syndical, le ton est grave. « C’est une nouvelle dévastatrice, surtout en cette période des Fêtes. Derrière ces chiffres, il y a des personnes qui ont consacré des années de leur vie à cette usine et qui se retrouvent aujourd’hui devant une grande incertitude », a déclaré Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor. Le syndicat affirme qu’il accompagnera ses membres tout au long du processus, en veillant au respect de leurs droits et en soutenant les travailleuses et travailleurs dans cette transition.

Un dossier désormais suivi par un syndic

La fermeture s’inscrit également dans un contexte de faillite du site. Un syndic de faillite a été mandaté afin d’évaluer différentes options pour l’avenir des installations, incluant la possibilité d’une reprise par un acquéreur, d’une vente d’équipements ou d’un démantèlement éventuel du site. Des discussions portent aussi sur la protection des actifs et le maintien du chauffage des bâtiments afin d’éviter la dégradation des équipements.

Pour Unifor, les priorités concernent notamment la récupération des sommes dues aux employés et la situation des régimes de retraite, en plus des mesures de transition et de soutien.

Accompagnement et requalification

Un comité de reclassement a été mis en place afin d’appuyer les personnes touchées qui souhaitent se réorienter ou entreprendre une requalification professionnelle. Plusieurs membres se sont déjà tournés vers d’autres employeurs de la région, tandis que d’autres demeurent en recherche d’options.

Au-delà de l’usine elle-même, c’est l’ensemble de l’écosystème régional qui est touché. Fournisseurs, sous-traitants et commerces locaux ressentent déjà les effets de la disparition de ce client industriel majeur. La fermeture de F.F. Soucy illustre les défis persistants de l’industrie du papier journal en Amérique du Nord et tourne une page importante de l’histoire industrielle du Bas-Saint-Laurent.