Québec : un appel à repenser le régime forestier

Photo de groupe devant une entrée portant l’inscription « Foresterie, géographie, géomatique ».

Des organisations de plusieurs milieux réclament deux instances de concertation pour préparer la modernisation du régime forestier québécois. Source : Unifor.

De l’industrie

Un regroupement d’organisations autochtones, syndicales, environnementales, fauniques, récréotouristiques et forestières demande aux partis politiques québécois de s’engager à créer deux instances de concertation dans les 100 premiers jours du prochain gouvernement pour préparer la modernisation du régime forestier.

Dans une déclaration commune publiée le 18 septembre, les signataires souhaitent associer les Premières Nations et les différents acteurs de la forêt à l’élaboration des changements. Leur intervention fait suite au Dialogue national sur la forêt, auquel ils ont participé cette semaine à l’Université Laval.

Cette démarche collective, amorcée il y a un an, vise à élaborer des pistes d’action pour moderniser le régime forestier. Des entrepreneurs forestiers se sont plus récemment joints à la mobilisation.

Deux instances aux mandats distincts

La première demande porte sur la création d’un Conseil national de « gouvernements à gouvernement » réunissant les Premières Nations et le gouvernement du Québec. Cette instance aurait pour mandat de co-construire le prochain régime forestier.

Les signataires réclament également une Table nationale des partenaires, dirigée par une présidence indépendante. Elle réunirait l’ensemble des acteurs de la forêt et du milieu forestier afin de conseiller le gouvernement sur l’élaboration du nouveau régime.

Le délai de 100 jours proposé concerne la création de ces deux instances. Les organisations souhaitent ensuite mener la modernisation dans un délai raisonnable, sans fixer d’échéance précise pour son aboutissement.

Une recherche d’adhésion et de prévisibilité

Pour les signataires, les décisions sur l’avenir des forêts doivent tenir compte des droits des Premières Nations, des écosystèmes, des emplois et des multiples usages du territoire. Ils préconisent une concertation en amont de la réforme pour permettre aux différents acteurs d’exprimer leurs attentes et leurs préoccupations, puis de dégager des solutions communes.

Dans un contexte d’incertitude économique et de tensions commerciales, le regroupement estime qu’une adhésion plus large aux changements pourrait favoriser un environnement d’affaires prévisible. Il souhaite également arrimer la modernisation du régime forestier à une nouvelle politique industrielle du bois.

Une mobilisation de plusieurs milieux

La déclaration rassemble notamment l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Unifor, la Fédération de l’industrie manufacturière–CSN, le Syndicat des Métallos et la Centrale des syndicats démocratiques, ainsi que Nature Québec, la SNAP Québec et le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec.

Les milieux faunique et récréotouristique sont représentés par Zecs Québec, la Fédération des pourvoiries du Québec, la Fédération québécoise pour le saumon atlantique, Aventure Écotourisme Québec et l’Association des parcs régionaux du Québec. L’Association québécoise des entrepreneurs forestiers figure également parmi les organisations représentées.

Les signataires demandent à chaque formation politique un engagement formel sur la création des deux instances. La déclaration ne fait état d’aucun engagement obtenu à ce stade.