La nouvelle tarification du bois suscite des inquiétudes

Camion transportant du bois récolté dans le secteur de La Tuque

La nouvelle méthode québécoise de tarification des bois récoltés en forêt publique suscite des inquiétudes parmi les acteurs forestiers de La Tuque. Photo : Ville de La Tuque.

De l’industrie

La nouvelle méthode québécoise de tarification des bois récoltés en forêt publique, qui ajuste désormais certains paramètres mensuellement en fonction des conditions de marché, suscite des inquiétudes en Mauricie alors que les taux applicables au sapin, à l’épinette et au pin gris ont augmenté depuis le printemps.

La Table de la première économie et des ressources naturelles de l’agglomération de La Tuque demande au gouvernement du Québec de suspendre la mise en œuvre de la nouvelle méthode de tarification, estimant qu’elle accroît la pression financière sur des entreprises forestières déjà confrontées à un contexte difficile.

La Table réunit notamment des élus municipaux, des représentants du Conseil de la Nation Atikamekw, du milieu économique et de l’industrie forestière ainsi que des pourvoyeurs.

Selon une lettre du sous-ministre associé aux Forêts, Jean-François Béland, rapportée par des médias régionaux, le taux moyen provincial pour le groupe sapin, épinettes et pin gris (SEPM) s’établit à 11,84 $/m³ en septembre, comparativement à 9,46 $/m³ pour la période d’avril à juin. Cela représente une hausse de 2,38 $/m³, soit environ 25 %.

Ces moyennes ne constituent toutefois pas un taux uniforme applicable à l’ensemble du Québec. La grille gouvernementale établit des taux distincts selon l’essence, la qualité du bois et chacune des zones de tarification.

Des taux désormais plus sensibles au marché

Le nouveau modèle québécois repose sur une approche de valeur résiduelle. Selon le ministère des Ressources naturelles et des Forêts, cette méthode vise notamment à mieux adapter les coûts d’approvisionnement des usines aux conditions du marché et à assurer une plus grande prévisibilité de l’évolution des taux.

Une grille est établie pour chaque essence, qualité de bois et zone de tarification. Les revenus utilisés dans les modèles sont ensuite actualisés mensuellement afin de tenir compte de l’évolution des prix des produits finis et des sous-produits.

L’examen de la grille officielle 2026-2027 montre effectivement des changements importants entre la période d’avril à juin et septembre pour plusieurs catégories de sapin, d’épinette et de pin gris. L’ampleur de ces variations diffère toutefois selon les zones et la qualité du bois.

Le gouvernement précise que les taux sont calculés à partir des revenus d’une usine de productivité moyenne ainsi que des coûts d’exploitation et de transformation associés aux différentes zones de tarification.

La Mauricie demande une suspension

À La Tuque, les acteurs réunis au sein de la nouvelle Table soutiennent que les effets du changement de tarification ne se répartissent pas également entre les régions et qu’ils pourraient affecter la compétitivité des entreprises forestières de la Mauricie.

Ils demandent à Québec de suspendre la nouvelle méthode afin d’en évaluer les conséquences économiques pour la région.

La tarification des bois constitue un élément des coûts d’approvisionnement de la filière forestière. Le ministère détermine la valeur marchande des bois sur pied que doivent payer les entreprises forestières et les bénéficiaires de garanties d’approvisionnement pour chaque mètre cube récolté dans les forêts publiques.

Le dossier intervient alors que plusieurs acteurs du secteur forestier québécois réclament des mesures pour améliorer la compétitivité et la prévisibilité des approvisionnements dans un contexte marqué notamment par les tensions commerciales avec les États-Unis.