Lettre ouverte : la provenance des granules de bois en C-B

Source : Prince George Citizen

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Récemment le débat autour de la fibre utilisée en bioénergie sur le territoire de la Colombie-Britannique fait rage. La biomasse est déjà une source généralisée d’énergie renouvelable dans la province et dans d’autres régions, comme dans l’Union européenne ou la bioénergie compte pour 60% de toute l’énergie renouvelable produite.

Au cœur du présent débat se trouve la question à savoir si des forêts sont exploitées pour produire des granules. Plus tôt cette année, la Wood Pellet Association of Canada a demandé l’analyse des bases de données gouvernementales sur le bois récolté en Colombie-Britannique, de même que des données commerciales et un audit indépendant. Notre groupe a révisé les données de presque chaque camion livrant des granules de bois dans la province. Personne n’avait encore poussé à ce niveau de précision l’analyse de la provenance des granules en Colombie-Britannique.

Nos conclusions sont sans équivoque : 85% de la fibre pour les granules provient de sous-produits de scieries alors que le 15% restant consiste en des débris d’abattage et des billes de qualité inférieure. Ces billes ne sont acceptées par aucune scierie. Contrairement à certains produits forestiers, la production de granules permet d’utiliser entièrement les arbres récoltés, ce qui est un point positif vis-à-vis le taux d’utilisation.

Nous avons aussi remarqué que le flot de bois vers les usines n’est pas régi par règlement mais bien par des impératifs économiques. Les exploitants forestiers maximisent leurs revenus en vendant du bois coupé selon les meilleures pratiques de l’industrie. La valeur du bois utilisé pour faire des granules ne représente qu’une infime fraction des billes récoltées. Par exemple, selon un rapport du gouvernement de Colombie-Britannique au 2e trimestre de 2022, la valeur moyenne d’une bille est de 150$/m3, la pâte de bois 55$/m3 et la fibre de granules 25$/m3. Avec ces données en tête, l’idée de détruire des forêts de haute valeur pour la production de granules est complètement illogique.

Pour améliorer la validité et la transparence, presque toutes les granules produites en Colombie-Britannique sont certifiées par le Programme de Durabilité de la Biomasse et la fibre provient de forêts certifiées par la Canadian Standards Association, le Forest Stewardship Council ou la Sustainable Forestry Initiative. En tant que groupe de travail, nous reconnaissons qu’il reste beaucoup de travail à faire : changements climatiques, support aux Premières Nations, bioéconomie forestière circulaire, etc. La production de granules de bois à partir d’une biomasse dite durable a sa place dans l’économie forestière et représente une composante positive du secteur forestier.

Gary Bull, PhD; Brad Bennett, RPF; Jim Thrower, PhD, RPF; Jeremy Williams, PhD, RPF.


Jaclin Ouellet, Journaliste, Le Maître papetier