Le tribunal de commerce de Toulouse a reporté au 27 juillet sa décision sur l'offre de reprise de Fibre Excellence portée par le groupe Combat de Matthieu Pigasse.
Ce délai supplémentaire doit permettre de poursuivre les discussions avec l'État sur plusieurs conditions jugées essentielles à la viabilité du projet de reprise.
Présentée le 2 juillet, cette offre est désormais la seule en lice depuis le retrait, le 22 juin, du projet déposé par la direction de Fibre Excellence. Le tribunal a toutefois indiqué que cette nouvelle échéance serait la dernière, faisant du 27 juillet une date déterminante pour l'avenir du groupe.
Trois conditions à satisfaire
Selon les représentants de Combat Holding, plusieurs mesures doivent encore être précisées avec les autorités publiques afin de consolider le plan de reprise. Les discussions portent principalement sur les conditions de rachat de l'électricité produite à partir de biomasse, l'approvisionnement en bois ainsi que la réintégration du site de Saint-Gaudens dans le système européen des quotas carbone.
À l'issue de l'audience, le directeur général de Combat Holding, Matthieu Levieille, a indiqué souhaiter reprendre rapidement les échanges avec les services de l'État afin de finaliser ces éléments, qu'il considère indispensables au redressement durable de l'entreprise.
Un plan d'investissement de 107 millions d'euros
Le projet prévoit 107 millions d'euros d'investissements, comprenant les apports de Combat Holding et de ses partenaires, des fonds régionaux, un financement destiné aux projets d'efficacité énergétique ainsi que des prêts de l'État et d'établissements financiers.
Selon les promoteurs du projet, une quarantaine d'acteurs de la filière bois ont également manifesté leur soutien par des lettres d'intention, illustrant l'intérêt de la filière pour le maintien de cette capacité industrielle stratégique.
Le plan prévoit le redémarrage progressif des activités des usines de Saint-Gaudens et de Tarascon avant une diversification vers de nouveaux marchés, notamment les matériaux d'isolation, les papiers destinés aux emballages alimentaires et, à plus long terme, la production de pâte fluff destinée aux produits d'hygiène absorbants.
Une décision attendue le 27 juillet
Placée en redressement judiciaire depuis la fin d'avril, Fibre Excellence emploie environ 670 personnes et exploite les deux dernières usines françaises de production de pâte marchande. Au-delà des emplois directs, plusieurs milliers d'emplois de la filière forêt-bois-papier dépendent également de l'activité des sites de Saint-Gaudens et de Tarascon.
Le tribunal devra rendre sa décision le 27 juillet sur cette offre de reprise, présentée comme la dernière susceptible d'assurer la relance des deux sites industriels. L'issue de cette audience sera déterminante pour l'avenir de l'entreprise, de ses employés et de l'ensemble de la filière qui gravite autour de ses activités.
Fibre Excellence exploite deux usines de production de pâte marchande à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et à Tarascon (Bouches-du-Rhône), pour une capacité combinée d'environ 550 000 tonnes par an, dont 280 000 tonnes pour le site de Saint-Gaudens. L'entreprise produit principalement de la pâte kraft destinée à l'industrie papetière ainsi que de l'énergie à partir de biomasse. Placée en redressement judiciaire en avril 2026, elle constitue un acteur stratégique de la filière forêt-bois-papier française.

