L’industrie forestière européenne prépare l’après-2030

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La bioéconomie forestière est au cœur des discussions sur le futur cadre climatique européen après 2030. Illustration : archives graphiques.

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L’industrie forestière européenne souhaite voir la future politique climatique de l’Union européenne mieux reconnaître le rôle des matériaux biosourcés dans la décarbonation de l’économie et le maintien de la compétitivité industrielle.

Réunis à Bruxelles dans le cadre de l’événement Forest-Based Bioeconomy in Action, organisé en marge de la Semaine verte de l’Union européenne, des représentants de l’industrie et des responsables européens ont plaidé pour un cadre climatique post-2030 plus cohérent et mieux adapté aux réalités des chaînes de valeur forestières.

Les participants ont mis en avant le potentiel du bois issu de forêts gérées durablement et des fibres recyclées pour remplacer des matériaux d’origine fossile dans de nombreux secteurs, notamment la construction, les produits chimiques et les emballages à base de papier. Selon eux, cette approche permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en renforçant l’autonomie économique de l’Europe.

Le secteur estime toutefois que plusieurs politiques européennes influençant la gestion forestière, l’approvisionnement en biomasse, l’énergie, le carbone et le commerce demeurent insuffisamment harmonisées. Avec les prochaines initiatives européennes en matière de climat, d’économie circulaire et de compétitivité, les organisations participantes voient une occasion de mieux aligner les objectifs environnementaux et industriels.

Ces discussions s’inscrivent dans un dialogue entre la Direction générale de l’action pour le climat de la Commission européenne (DG CLIMA), la Confédération européenne des industries du papier (Cepi) et plusieurs organisations représentant les secteurs forestiers et circulaires afin de contribuer à l’élaboration du futur cadre climatique européen après 2030.

Parmi les priorités identifiées figurent le maintien de mécanismes efficaces de protection contre les fuites de carbone dans le système européen d’échange de quotas d’émission (ETS), l’accès à une énergie décarbonée à coût compétitif, un approvisionnement durable en biomasse ainsi que le déploiement de solutions de captage et de stockage du carbone d’origine biologique.

Pour Christian Holzleitner, responsable de l’unité Économie des terres et captage du carbone à la DG CLIMA, les chaînes de valeur de la bioéconomie jouent un rôle essentiel dans la transition verte européenne.

« Les forêts résilientes et gérées intelligemment peuvent continuer à fournir des produits qui retirent et stockent le carbone de l’atmosphère tout en remplaçant des matériaux d’origine fossile », a-t-il déclaré.

De son côté, le directeur général de Cepi, Jori Ringman, estime que l’Europe doit créer les conditions favorables à l’investissement dans les industries vertes. Selon lui, une meilleure reconnaissance du carbone stocké dans les produits circulaires ainsi qu’un équilibre entre les objectifs liés aux puits de carbone et la disponibilité de la biomasse pourraient favoriser l’émergence d’une véritable économie européenne fondée sur le carbone biosourcé.

« Si nous répondons à ces questions, nous pourrions voir émerger en Europe une nouvelle économie du carbone biosourcé que le monde nous enviera », a-t-il affirmé.

La Cepi (Confédération européenne des industries du papier) représente l’industrie des pâtes et papiers en Europe et regroupe des associations nationales de producteurs dans plusieurs pays européens. Elle défend les intérêts du secteur auprès des institutions de l’Union européenne et participe aux débats sur le climat, l’énergie et l’économie circulaire.