Les syndicats représentant les travailleurs des usines Domtar de Kénogami et d’Alma, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ont interpellé le gouvernement du Québec afin de l’alerter sur les enjeux liés aux droits hydroélectriques et à l’avenir des installations.
Dans une lettre remise à la ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, les représentants syndicaux expriment leurs inquiétudes face à une éventuelle transaction touchant les actifs hydroélectriques associés aux installations. Selon eux, un tel scénario pourrait avoir des conséquences importantes sur les activités industrielles ainsi que sur les régimes de retraite des travailleurs.
Le président du syndicat de Kénogami, Gilles Vaillancourt, soutient que les droits hydroélectriques doivent demeurer liés aux opérations des usines. Il craint qu’un transfert de ces actifs fragilise la viabilité des sites, entraînant des pertes d’emplois et des répercussions pour les retraités dépendant des fonds de pension existants.
Les syndicats rappellent également le poids économique des deux installations pour la région. Selon les données présentées dans leur démarche, les usines soutiennent environ 2 500 emplois directs et indirects et génèrent des retombées économiques annuelles évaluées à près de 175 millions de dollars.
Signée notamment par des représentants syndicaux locaux ainsi que par la Fédération de l’industrie manufacturière et la CSN, la lettre vise à inciter le gouvernement à utiliser le levier des droits hydroélectriques pour favoriser les investissements industriels et assurer la pérennité des usines.
Du côté politique, le député de Jonquière, Yannick Gagnon, affirme que Québec est bien au fait du dossier. Des échanges ont eu lieu entre les représentants syndicaux et le cabinet de la ministre, et les préoccupations soulevées par les travailleurs ont été prises en considération.
Dans ce contexte d’incertitude, les syndicats entendent poursuivre leurs démarches, notamment en rencontrant les différents candidats dans le cadre de la prochaine campagne électorale provinciale afin de maintenir la pression sur les décideurs politiques.
À plus court terme, la situation opérationnelle demeure en évolution. Un arrêt de production prévu cet été à l’usine de Kénogami pourrait être remis en question, alors que le carnet de commandes s’est récemment amélioré, notamment à la suite de l’arrêt temporaire de l’usine Domtar de Dolbeau-Mistassini causé par un bris mécanique.
Selon le syndicat, une décision concernant le maintien ou non de cet arrêt pourrait être prise au cours des prochains jours. L’évolution du carnet de commandes sera déterminante pour la planification des activités de l’usine au cours de l’été.

