Le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté l'offre de reprise présentée par l'homme d'affaires Matthieu Pigasse pour Fibre Excellence, entraînant la liquidation judiciaire du site de Tarascon (Bouches-du-Rhône).
En revanche, l'avenir du site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) demeure incertain, une lettre d'intention déposée par un industriel dont l'identité n'a pas été dévoilée offrant la possibilité d'examiner un nouveau projet de reprise.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la crise qui secoue le premier producteur français de pâte à papier. Placée en redressement judiciaire à la fin d'avril, l'entreprise recherche un repreneur depuis le retrait de son actionnaire indonésien, Jackson Wijaya, qui avait renoncé à poursuivre le financement du groupe après avoir investi près de 300 millions d'euros.
Une offre jugée irrecevable
Le projet porté par Matthieu Pigasse prévoyait le maintien des deux usines et de leurs quelque 670 employés. Il était toutefois conditionnel à plusieurs mesures de soutien de l'État, notamment concernant le coût de l'électricité, l'approvisionnement en bois provenant de l'Office national des forêts (ONF) ainsi que le régime européen des quotas carbone.
Ces conditions n'ayant pas été réunies, le tribunal a rejeté l'offre. Le gouvernement avait d'ailleurs fait savoir au cours des derniers jours qu'il jugeait le projet insuffisamment solide au regard des aides publiques sollicitées.
Un délai supplémentaire pour Saint-Gaudens
Le dossier de Saint-Gaudens reste néanmoins ouvert.
Un industriel, qui a souhaité conserver l'anonymat, a déposé une lettre d'intention visant uniquement cette usine. Selon les informations communiquées à l'issue de l'audience, il devra confirmer son intérêt en déposant une garantie financière de 2 millions d'euros, permettant ainsi au tribunal de poursuivre l'examen d'une éventuelle reprise jusqu'à la fin du mois d'août.
Cette possibilité ne concerne toutefois pas le site de Tarascon, qui emploie environ 270 personnes. Pour cette usine, la liquidation judiciaire constitue désormais l'issue retenue par le tribunal.
Un dossier stratégique pour la filière
Au-delà des emplois directement concernés, cette décision revêt une importance particulière pour l'industrie papetière française. Fibre Excellence exploite les deux dernières grandes usines françaises de pâte à papier, un maillon essentiel de l'approvisionnement en fibres pour les fabricants de papier et de carton.
Selon les organisations syndicales, plusieurs milliers d'emplois indirects dans les secteurs de la forêt, du transport, de la logistique et de la maintenance dépendent également de l'activité de l'entreprise.
Fibre Excellence est un producteur français de pâte à papier exploitant deux sites industriels, à Tarascon et Saint-Gaudens. Placée en redressement judiciaire en avril 2026, l'entreprise est engagée dans un processus de recherche de repreneur depuis le retrait de son principal actionnaire.

