C.-B. : allègement carbone pour soutenir les usines de pâte

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, lors du congrès 2026 du COFI.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, lors du congrès 2026 du COFI. Source : COFI

De l’industrie

Le gouvernement de la Colombie-Britannique prévoit d’alléger la tarification carbone appliquée aux usines de pâte, alors que l’industrie forestière de la province traverse une période difficile. L’annonce a été faite par le premier ministre David Eby lors du congrès annuel du BC Council of Forest Industries.

La province a supprimé la taxe carbone pour les consommateurs l’an dernier, mais maintient un système de tarification pour les grandes installations industrielles. Ce mécanisme oblige les entreprises à payer pour leurs émissions de gaz à effet de serre afin d’encourager leur réduction.

Selon David Eby, le gouvernement souhaite toutefois ajuster ce système pour tenir compte des réalités techniques des usines de pâte, où certaines émissions, notamment celles provenant des fours à chaux, demeurent difficiles à réduire.

Un secteur forestier fragilisé

Cette annonce intervient alors que l’industrie forestière de la province fait face à des fermetures d’installations et à des pertes d’emplois. L’arrêt récent de l’usine de pâte de Crofton, exploitée par Domtar, illustre ces difficultés.

Les entreprises du secteur évoquent plusieurs facteurs : les droits de douane américains sur le bois d’œuvre canadien, un accès plus limité à la fibre économiquement exploitable ainsi que des processus réglementaires jugés complexes et longs.

Les discussions au congrès du COFI ont également mis en lumière la baisse rapide de la récolte annuelle de bois dans la province par rapport à d’autres juridictions.

Ressource forestière sous pression

Selon David Eby, la production avait temporairement augmenté lorsque la province exploitait les forêts touchées par le dendroctone du pin. Les incendies de forêt des dernières années ont ensuite détruit de vastes superficies, réduisant la disponibilité de la ressource.

Le premier ministre reconnaît par ailleurs que le gouvernement doit simplifier certaines procédures administratives afin de rendre les processus d’autorisation plus rapides et plus prévisibles pour les entreprises.

Certains observateurs estiment toutefois que les difficultés actuelles reflètent aussi des enjeux plus profonds liés à la gestion des ressources forestières. Eddie Petryshen, du groupe environnemental Wildsight, estime que la province devra envisager une transition vers un modèle forestier différent après plusieurs décennies d’exploitation intensive.