Avec un investissement de plus de 14 M$, Innofibre ajoute un second site de recherche appliquée à Trois-Rivières pour soutenir le développement de produits non tissés, biocharbon, biomatériaux, valorisation des résidus et solutions de décarbonation.
Innofibre ajoute un chaînon clé entre recherche biosourcée et applications industrielles
Le nouveau site à Trois-Rivières vise à répondre à un enjeu central pour la bioéconomie : transformer plus rapidement les résultats de laboratoire en procédés, matériaux et produits capables d’être testés dans des conditions proches de l’industrie.
Innofibre, centre de transfert de technologie intégré au Cégep de Trois-Rivières, se dote d’une nouvelle infrastructure de recherche dans le parc industriel des Hautes-Forges. L’investissement total dépasse 14 M$, avec des contributions du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, de Développement économique Canada, d’Innofibre, du Fonds du Grand Mouvement Desjardins et de Séquoia industries.
En cohérence avec son domaine de recherche et sa vision d’être un pôle canadien de la bioéconomie, cette nouvelle infrastructure vient renforcer la capacité du centre à accompagner les entreprises dans le développement, la validation et la mise à l’échelle de produits biosourcés.
Charles Massicotte-Bourbeau, directeur général de la Caisse Desjardins de Trois-Rivières, Caroline Desrochers, députée fédérale de Trois-Rivières, Jean Boulet, député de Trois-Rivières et ministre du travail, Jean-Philippe Jacques, directeur d'Innofibre, et Éric Milette, directeur général du Cégep de Trois-Rivières.
Au-delà de l’annonce immobilière, ce développement vient toucher un point sensible pour plusieurs entreprises actives dans les produits biosourcés : le passage entre l’idée, le prototype et la validation précommerciale. Dans ce secteur, l’enjeu n’est pas seulement de développer une formulation ou un matériau prometteur. Il faut aussi démontrer que le procédé peut fonctionner avec des intrants variables, des volumes plus importants et des contraintes de performance compatibles avec les réalités industrielles.
C’est précisément là que le nouveau site prend son importance.
Cette deuxième infrastructure permettra au centre d’élargir ses capacités dans les produits non tissés, le biocharbon, les produits biosourcés, la valorisation des bioressources résiduelles et la décarbonation. Elle s’ajoute aux expertises déjà présentes en pâtes et papiers, emballages et biomatériaux.
Jean-Philippe Jacques, directeur d'Innofibre
« On souhaite que ce nouvel espace nous permette de rassembler les acteurs de l’écosystème de l’innovation en produits biosourcés afin d’accélérer la recherche et le développement technologiques dans une approche collaborative avec le secteur privé. Nous voulons également ouvrir nos portes à des entreprises qui pourraient tirer avantage à développer chez nous de nouvelles technologies complémentaires aux équipements disponibles dans nos laboratoires. » – Jean-Philippe Jacques, directeur d’Innofibre
Pour le secteur papetier, l’intérêt réside dans la continuité et le renforcement de services déjà bien établis. Innofibre accompagne depuis plusieurs années les industriels dans des travaux de recherche appliquée, d’essais en laboratoire et de validation sur équipements pilotes. Ses interventions couvrent notamment la mise en pâte, les papiers et cartons innovants, le traitement de surface, les matériaux cellulosiques et les produits thermoformés. La nouvelle infrastructure vient élargir cette base d’expertise en offrant davantage de moyens pour explorer la diversification des produits, la valorisation des résidus et l’intégration de solutions biosourcées compatibles avec les réalités industrielles du secteur.
Le nouveau centre devrait donc renforcer une fonction de plus en plus stratégique : tester, ajuster et valider des solutions avant que les entreprises ne s’engagent dans des investissements plus lourds. Dans les marchés du papier, de l’emballage, des biomatériaux et de la valorisation de résidus, cette étape peut faire la différence entre une innovation intéressante et une solution réellement intégrable dans une chaîne de production.
Un contexte favorable, mais exigeant
La demande pour des solutions biosourcées progresse, portée par la pression sur les emballages, la réduction des matières fossiles, la circularité des ressources et la décarbonation des procédés. Mais ces marchés demeurent exigeants. Les produits doivent répondre à des critères de performance, de stabilité, de coût, de recyclabilité et de compatibilité avec les équipements existants.
C’est particulièrement vrai pour les applications liées à l’emballage cellulosique.
Des projets soutenus par le CRIBIQ illustrent déjà cette dynamique, notamment le développement de barrières biosourcées pour papiers d’emballage visant des formulations recyclables, repulpables, biosourcées et compostables, avec des essais pilotes réalisés sur les équipements du CCTT.
Dans ce contexte, la nouvelle infrastructure ne doit pas être vue uniquement comme un agrandissement de capacité. Elle s’inscrit dans une logique de mise à l’échelle, là où les entreprises cherchent à passer de la preuve de concept à des essais plus représentatifs des conditions de marché.
Jean Boulet, député provincial de Trois-Rivières et ministre du travail et ministre responsable des relations canadiennes. Image : Gouvernement du Québec
Bioressources résiduelles, biocharbon et décarbonation
L’ajout de compétences en biocharbon et en valorisation des bioressources résiduelles élargit aussi le rôle potentiel du centre au-delà des produits finis. Pour l’industrie forestière, papetière et biosourcée, les résidus ne sont plus seulement une matière à gérer. Ils deviennent des intrants possibles pour de nouveaux matériaux, des bioproduits, des solutions énergétiques ou des procédés à plus faible empreinte carbone.
L’organisation indique déjà intervenir dans le développement de produits et matériaux biosourcés à partir de biomasses forestières, agricoles, algales et résiduelles, ainsi que dans la densification de bioressources résiduelles.
Cet aspect est important pour les entreprises de transformation, car la performance d’un bioproduit dépend rarement d’un seul facteur. La matière première, le conditionnement, la formulation, le séchage, la stabilité, la transformation mécanique et la compatibilité avec les procédés existants doivent être évalués ensemble. C’est souvent à cette étape que les projets ralentissent.
Un actif régional avec une portée industrielle plus large
Le choix de Trois-Rivières n’est pas anodin. La région possède déjà un historique industriel lié aux pâtes, papiers et technologies propres. Avec cette nouvelle infrastructure, le centre renforce son rôle dans un écosystème où les centres de recherche appliquée, les PME, les manufacturiers doivent collaborer plus tôt dans le développement technologique.
« Ce nouvel investissement dans les infrastructures d’Innofibre, c’est un signal fort : le Québec mise sur l’innovation biosourcée et sur ses régions pour bâtir une économie plus verte et plus compétitive. Trois-Rivières s’impose comme un véritable pôle d’excellence, et c’est toute la filière forestière qui en bénéficiera. » – Jean Boulet, député de Trois-Rivières et ministre du travail et ministre responsables des relations canadiennes
Pour les secteurs des pâtes et papiers, de l’emballage, des biomatériaux et des produits biosourcés, la valeur de ce nouvel actif se mesurera moins à sa superficie qu’à sa capacité d’aider les entreprises à franchir les dernières étapes avant le marché.
C’est là que se situe la finesse du projet : dans un secteur où les idées ne manquent pas, l’avantage concurrentiel repose de plus en plus sur la capacité de valider rapidement, de réduire les risques et de produire des données utilisables par l’industrie.
Image : Vallée de la Transition Énergétique
Innofibre est un centre collégial de transfert de technologie du Cégep de Trois-Rivières spécialisé dans la recherche appliquée, les procédés papetiers, les biomatériaux, les produits biosourcés et la valorisation des bioressources résiduelles.


