BIC veut stimuler la demande en produits biosourcés

Illustration du Bio-based Industries Consortium montrant la chaîne de valeur des produits biosourcés, des matières premières renouvelables aux applications industrielles.

Selon une nouvelle étude du BIC, des mesures favorisant la demande sont essentielles pour accélérer le développement du marché européen des produits biosourcés.

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Le Bio-based Industries Consortium (BIC) presse les décideurs européens d'adopter des mesures favorisant la demande afin d'accélérer le développement du marché des produits biosourcés.

Selon une nouvelle étude publiée par l'organisation, le principal frein à la croissance du secteur n'est ni technologique ni industriel, mais réside dans l'absence d'un cadre réglementaire capable de créer des débouchés durables.

L'étude, la première du genre à analyser les marchés porteurs des produits biosourcés en Europe, conclut que le continent dispose déjà des technologies, des capacités industrielles et du savoir-faire nécessaires pour jouer un rôle de chef de file mondial. Encore faut-il que le marché reconnaisse pleinement la valeur environnementale de ces produits.

Un fort potentiel dans plusieurs secteurs

Le rapport examine quatre grands segments : les produits chimiques biosourcés, les plastiques et polymères biosourcés, les emballages à base de fibres ainsi que les textiles.

Selon le BIC, l'industrie chimique européenne génère environ 655 milliards d'euros de chiffre d'affaires par année, mais seulement 8 % de sa production est actuellement d'origine biosourcée.

La capacité européenne de production de plastiques biosourcés devrait presque doubler pour atteindre 4,7 millions de tonnes d'ici 2030. L'Europe représente déjà 43,1 % de cette capacité à l'échelle mondiale.

Le secteur des emballages à base de fibres demeure également un pilier important de la bioéconomie européenne, avec des revenus annuels d'environ 110 milliards d'euros et près de 710 000 emplois.

Dans le secteur textile, l'Europe conserve une position dominante dans la production de fibres naturelles comme le lin et le chanvre, représentant 64 % de la production mondiale de lin et plus de la moitié de la production mondiale de fibres de chanvre.

Miser sur des politiques favorisant la demande

Le consortium estime que les produits biosourcés demeurent souvent plus coûteux que leurs équivalents issus des ressources fossiles, notamment parce que leurs bénéfices environnementaux ne sont pas suffisamment pris en compte par le marché.

Pour remédier à cette situation, le rapport recommande la mise en place de mesures ciblées visant à stimuler la demande, notamment par l'adoption d'exigences obligatoires concernant la teneur en matières biosourcées de certains produits.

Le BIC invite également l'Union européenne à intégrer ces mesures dans les textes législatifs actuellement en préparation ou en révision, dont le Biotech Act II et la prochaine révision des directives sur les marchés publics.

Selon l'organisation, ces politiques permettraient de créer des signaux de marché suffisamment prévisibles pour attirer les investissements privés et accélérer le déploiement industriel des solutions biosourcées.

Une occasion stratégique pour l'Europe

Le directeur général du BIC, Philippe Mengal, estime que le développement des industries biosourcées constitue une véritable occasion de renforcer à la fois la compétitivité de l'Europe et son autonomie stratégique.

Il souligne toutefois que ce potentiel demeurera inexploité tant que des mesures concrètes ne viendront pas stimuler la demande. Le consortium affirme être prêt à collaborer avec les décideurs européens afin d'intégrer ces mécanismes aux futures politiques de l'Union.

Le Bio-based Industries Consortium (BIC) est l'association représentant les industries biosourcées européennes. Elle réunit des entreprises, des universités, des centres de recherche et des organisations sectorielles afin de favoriser l'innovation et le développement de la bioéconomie circulaire en Europe.