Perspectives environnementales du PPEC: ce que nous surveillons en 2026

PPEC

De l'évolution de la responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les emballages, à la politique en constante évolution concernant les plastiques, en passant par l'examen en cours de l'ACEUM, les PFAS et les allégations environnementales, voici quelques-uns des enjeux environnementaux que le Conseil environnemental des emballages de papier et de carton (PPEC) suivra de près au cours de l'année à venir.

Responsabilité élargie du producteur (REP)

La responsabilité élargie des producteurs (REP) – une approche politique selon laquelle les producteurs sont financièrement et opérationnellement responsables de la gestion du recyclage de leurs emballages – continue d’évoluer au Canada, tandis que de nouvelles lois sur la REP sont mises en place aux États-Unis. Ensemble, ces évolutions entraînent une hausse des coûts et une complexification de la chaîne de valeur des emballages.

Au Canada, le changement le plus récent s'observe en Ontario, où le programme de recyclage des emballages recyclables est passé d'un système municipal partiellement financé par les producteurs à un modèle reposant entièrement sur la responsabilité des producteurs. À compter du 1er janvier 2026, les producteurs assujettis seront entièrement responsables, financièrement et opérationnellement, du recyclage des emballages résidentiels et du papier.

Les politiques de REP et de recyclage ont toujours été importantes pour PPEC et ses membres, car l'industrie de l'emballage papier dépend du contenu recyclé comme principale matière première. L'utilisation et la réutilisation des fibres recyclées ne constituent pas seulement un choix en matière d'intrants ; il s'agit d'une ressource précieuse qui permet de maintenir les matériaux en usage et soutient le système de recyclage canadien. Si cela demeure vrai, l'ampleur et l'impact de ces politiques ont évolué. La REP n'est plus seulement une question de coût ou de conformité ; elle remodèle les chaînes de valeur de l'emballage et les systèmes de recyclage dans de nombreuses juridictions.

En 2026, la responsabilité élargie des producteurs (REP) devrait rester un sujet d'actualité et largement débattu. À mesure que les programmes évoluent et se développent, des défis et une phase d'apprentissage sont inévitables dans un système de recyclage complexe, impliquant de multiples acteurs et des exigences réglementaires qui se chevauchent. La REP est une politique complexe, difficile à expliquer et à mettre en œuvre. Par conséquent, la couverture médiatique et la communication avec les parties prenantes ne reflètent pas toujours toute sa complexité, même si la REP remodèle les systèmes de recyclage et influence les décisions en matière d'emballage en Amérique du Nord.

Plastiques

Le cadre politique canadien en matière de plastiques demeure incertain. Bien que le Règlement sur l’interdiction des plastiques à usage unique soit toujours en vigueur, le fondement juridique de l’approche fédérale continue d’être contesté. La Cour d’appel fédérale n’a pas encore rendu sa décision dans l’affaire Coalition pour une utilisation responsable du plastique c. Canada , qui soulève des questions quant à la désignation par le gouvernement fédéral des « articles manufacturés en plastique » comme étant toxiques en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE).

Bien que l'interdiction reste en vigueur en attendant l'appel, cette incertitude juridique persistante peut rendre plus difficile pour les entreprises de prendre des décisions concernant la conception des emballages et le choix des matériaux.

À l'échelle mondiale, les négociations en vue d'un traité mondial des Nations Unies sur les plastiques se poursuivront en 2026, faisant progresser les efforts visant à parvenir à un accord international juridiquement contraignant pour lutter contre la pollution plastique.

Le Canada, en tant que membre fondateur de la Coalition ambitieuse pour mettre fin à la pollution plastique , a réitéré son engagement envers un accord mondial lors de la réunion des ministres de l’Environnement du G7 l’automne dernier et a « réaffirmé son engagement constructif en faveur d’un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique ».

Ces négociations mondiales pourraient influencer les politiques nationales, les systèmes de recyclage et les marchés de l'emballage.

Examen de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM)

Bien que la politique commerciale ne soit pas une politique environnementale, elle peut avoir des répercussions sur les systèmes de recyclage et les décisions relatives aux emballages. Comme l'a précédemment souligné le PPEC dans son article de blog intitulé « Explorer les implications environnementales des droits de douane potentiels » , les mesures commerciales ciblant des matériaux ou des juridictions spécifiques peuvent influencer les chaînes d'approvisionnement, la planification du développement durable et les résultats environnementaux de manière parfois insoupçonnée.

L’ Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) fera l’objet de son premier examen conjoint de six ans le 1er juillet 2026. Bien que cet examen ne devrait pas entraîner de changements directs à la réglementation sur le recyclage, des modifications pourraient potentiellement affecter les systèmes de recyclage, les décisions en matière d’emballage et la planification du développement durable.

Substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS)

Les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) – une classe de produits chimiques utilisés dans diverses industries, présents dans des produits tels que les mousses anti-incendie, les textiles, les cosmétiques et certains types d'emballages en contact avec les aliments – restent un problème en constante évolution, avec une activité réglementaire qui s'accélère.

Au Canada, le gouvernement fédéral fait progresser son approche concernant les PFAS en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE). Cette approche comprend un projet de classification des PFAS, à l’exclusion des fluoropolymères, qui permettrait d’ajouter ces substances à la Liste des substances toxiques et ainsi d’établir de futurs contrôles réglementaires.

La première phase de ce cadre a débuté avec le Règlement de 2025 sur l’interdiction de certaines substances toxiques , publié le 31 décembre 2025 et entrant en vigueur le 30 juin 2026. Bien que cette phase initiale ne porte pas sur l’emballage, la phase 2 devrait cibler les matériaux d’emballage alimentaire.

Pour l’industrie de l’emballage papier, il est crucial de distinguer les PFAS ajoutés intentionnellement de ceux ajoutés involontairement (ou résiduels), et d’évaluer l’impact potentiel sur le contenu recyclé. Alors que les réglementations continuent d’évoluer au Canada et à l’échelle mondiale, la compréhension de la circulation des PFAS dans les chaînes d’approvisionnement et les systèmes de recyclage, ainsi que des moyens de les gérer et d’en atténuer l’impact, demeure un domaine de recherche en constante évolution. Bien qu’il reste encore beaucoup à apprendre, une chose est claire : la lutte contre les PFAS exigera une action concertée, car aucun secteur ne peut résoudre ce problème isolément.

Allégations environnementales

PPEC continue de suivre l’évolution de la situation concernant les allégations environnementales au Canada, notamment la proposition du budget de 2025 visant à modifier certaines dispositions relatives à l’écoblanchiment en vertu de la Loi sur la concurrence . Les modifications proposées comprennent la suppression de l’exigence selon laquelle les allégations environnementales doivent être étayées par des méthodologies reconnues internationalement.

Cette décision fait suite à un récent changement de direction au Bureau de la concurrence, le commissaire Matthew Boswell ayant mis fin à son mandat plus tôt que prévu . Sous sa direction, la Loi sur la concurrence a été modifiée afin de renforcer les dispositions visant à lutter contre l’écoblanchiment, qui consiste à faire des déclarations environnementales trompeuses ou mensongères.

Pris ensemble, ces développements créent une incertitude quant à l’interprétation et à l’application des allégations environnementales à l’avenir. Face à cette évolution, les entreprises doivent tenir compte de l’évolution du cadre juridique et réglementaire en matière d’allégations environnementales au Canada et revoir leurs informations relatives à la durabilité de leurs produits et services afin d’évaluer les risques et de s’assurer de leur justification adéquate.

Conclusion de PPEC…

Ces problématiques révèlent un constat commun : la politique environnementale en matière d’emballage et de recyclage se complexifie et ses conséquences s’accumulent. En 2026, le secteur devra composer avec plusieurs politiques simultanément, dont beaucoup sont encore en cours d’élaboration.

Il s'agit moins d'une réglementation en particulier que de leur effet combiné. La REP (Responsabilité élargie du producteur) devient plus coûteuse et plus visible, les PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) soulèvent de nouveaux défis et de nombreuses questions, et d'autres politiques continuent d'évoluer. Il en résulte un contexte politique où les attentes augmentent et où les décisions prises pour répondre à une exigence peuvent avoir des répercussions ailleurs, tant au sein des organisations que sur l'ensemble du secteur de l'emballage et du recyclage.


Rachel Kagan
Directrice exécutive
Conseil environnemental des emballages papier et carton (PPEC)