COPACEL alerte sur la fragilisation du secteur papetier

Production de papier dans une usine papetière.

Production de papier dans une usine papetière. Source de l'image : COPACEL

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L’organisation professionnelle COPACEL met en garde contre une fragilisation croissante de l’industrie papetière française. Selon les données présentées lors de sa conférence de presse, sept usines papetières ont fermé en France depuis janvier 2024, sur un total de 81 sites industriels. Plusieurs autres entreprises rencontrent actuellement des difficultés financières, tandis qu’un groupe exploitant deux usines de pâte à papier de grande capacité est engagé dans une procédure de conciliation.

Ces fermetures interviennent dans un contexte économique difficile pour la filière. En 2025, la production française de papiers et cartons est restée globalement stable, à environ 6,5 millions de tonnes, soit une variation de –0,1 % par rapport à 2024. Toutefois, le chiffre d’affaires du secteur a reculé d’environ 3 %, sous l’effet d’une baisse des prix de vente combinée à des coûts de production élevés et à un taux d’utilisation des capacités relativement faible.

Le marché évolue de façon contrastée selon les segments. La production de papiers et cartons d’emballage a diminué de 1,2 % en 2025, tandis que celle des papiers graphiques a poursuivi sa contraction (–2 %). À l’inverse, les papiers d’hygiène ont progressé de 7,5 %, notamment grâce à la mise en service de nouvelles machines en France.

Au-delà des évolutions conjoncturelles, la filière fait face à plusieurs pressions structurelles. COPACEL souligne notamment la concurrence internationale accrue, alimentée par des surcapacités sur certains segments et par l’arrivée de produits importés à bas prix, notamment en provenance d’Asie. Les droits de douane américains instaurés sur certains produits auraient également contribué à rediriger vers l’Europe des volumes initialement destinés au marché américain.

Les coûts de production constituent un autre facteur de pression pour les industriels. L’industrie papetière, fortement consommatrice d’énergie, est particulièrement exposée à la volatilité des prix du gaz et de l’électricité. La fin du dispositif ARENH au 31 décembre 2025 accroît cette exposition aux fluctuations du marché de l’électricité. Parallèlement, les prix des matières premières fibreuses, notamment le bois, demeurent élevés malgré un ralentissement de l’activité dans plusieurs segments de la filière.

Dans ce contexte, l’organisation professionnelle appelle à la mise en œuvre de mesures destinées à renforcer la compétitivité de l’industrie papetière française. Parmi les pistes évoquées figurent un renforcement des instruments de défense commerciale au niveau européen, une réduction de la fiscalité de production, ainsi qu’une simplification du cadre réglementaire applicable aux entreprises du secteur.

Malgré ces difficultés, COPACEL rappelle que les produits papetiers conservent une place importante dans l’économie contemporaine. Le caractère renouvelable de la matière première et le taux élevé de recyclage des papiers et cartons — estimé à 87 % — positionnent l’industrie à l’intersection de la bioéconomie et de l’économie circulaire.

Selon les informations communiquées par COPACEL