L’emballage fibreux mise sur les solutions mono-matériaux

Exemples d’emballages fibreux conçus pour remplacer certaines applications plastiques à usage unique

Les emballages fibreux mono-matériaux gagnent du terrain dans plusieurs applications alimentaires et commerciales. Image : LMP

Développement durable

L’innovation en emballage entre dans une nouvelle phase. Partout dans l’industrie, les fabricants investissent dans de nouveaux matériaux, revêtements et technologies de transformation afin de réduire la dépendance aux structures multicouches complexes tout en améliorant la recyclabilité des emballages.

Plusieurs facteurs convergent pour accélérer cette évolution. Les nouvelles exigences réglementaires, notamment le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), renforcent les attentes en matière de recyclabilité et de valorisation des matériaux. Les marques cherchent à réduire leur utilisation du plastique, tandis que les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux principes de l’économie circulaire.

Dans ce contexte, l’innovation se concentre de plus en plus sur les emballages mono-matériaux et les structures à dominante fibreuse.

Au-delà du simple remplacement du plastique

Le défi auquel font face les concepteurs d’emballages ne consiste plus simplement à remplacer le plastique par du papier ou du carton. L’objectif est désormais de développer des solutions fibreuses capables d’offrir des performances comparables tout en demeurant compatibles avec les filières de recyclage existantes.

Les produits doivent également répondre à des exigences strictes en matière de performance, de stabilité, de coût, de recyclabilité et de compatibilité avec les équipements déjà utilisés par les transformateurs et les emballeurs. Trouver le bon équilibre entre ces différents paramètres demeure l’un des principaux défis techniques de l’industrie.

De nombreuses applications alimentaires, de commerce électronique et de biens de consommation exigent une protection contre l’humidité, les matières grasses, l’oxygène ou d’autres facteurs externes. Historiquement, ces propriétés étaient souvent obtenues grâce à des combinaisons de papier, de plastique et parfois d’aluminium.

Si ces structures offrent d’excellentes performances, elles compliquent souvent le recyclage et la récupération des matériaux.

Les efforts d’innovation se concentrent donc de plus en plus sur les technologies barrières, les revêtements avancés et l’ingénierie des matériaux afin d’offrir les performances recherchées tout en réduisant la complexité des emballages.

Des approches différentes, un objectif commun

Les principaux acteurs du secteur poursuivent des stratégies distinctes, mais convergent vers le même objectif.

Chez Stora Enso, le développement des barrières, des revêtements et des technologies de transformation est considéré comme un levier important de l’économie circulaire. Dans une récente entrevue, Marie Morin, responsable des technologies du carton et de la transformation au sein du groupe Innovation et R-D de l’entreprise, soulignait l’importance croissante des structures fibreuses recyclables capables de concilier performance, évolutivité industrielle et efficacité des ressources.

Mondi poursuit de son côté le développement de sa gamme FunctionalBarrier Paper. Ces papiers barrières visent à remplacer certaines structures plastiques ou multicouches tout en conservant les propriétés nécessaires aux applications alimentaires et aux biens de consommation.

Metsä Board met davantage l’accent sur les fibres vierges, la traçabilité et la sécurité alimentaire. L’entreprise souligne que des matières premières soigneusement contrôlées et des procédés certifiés contribuent à produire des emballages répondant aux exigences de l’industrie alimentaire tout en soutenant les objectifs de recyclabilité.

UPM Specialty Papers travaille également sur des alternatives fibreuses destinées à remplacer certains emballages souples à base de plastique. L’entreprise développe des solutions papier capables de répondre aux besoins des transformateurs et des marques tout en réduisant l’utilisation de matériaux fossiles.

Lecta a pour sa part élargi son offre de papiers spécialisés pour les étiquettes et les emballages, tandis que The Navigator Company poursuit le développement de matériaux d’emballage renouvelables destinés à remplacer certaines applications plastiques.

Une innovation qui dépasse le matériau

La transformation en cours ne concerne pas uniquement les matériaux eux-mêmes.

Les fabricants cherchent également à améliorer la performance en transformation, à réduire la consommation de matières premières et à optimiser la conception des emballages. Des cartons plus légers, une meilleure aptitude à la transformation et des structures optimisées permettent de réduire la consommation de fibres tout en maintenant les niveaux de résistance et de fonctionnalité requis.

L’innovation est ainsi de plus en plus évaluée à l’échelle de l’ensemble du système. La recyclabilité d’un emballage dépend non seulement de sa conception, mais aussi de sa capacité à s’intégrer efficacement aux systèmes de collecte, de tri et de recyclage.

La prochaine étape de l’innovation emballage

Malgré les progrès réalisés, plusieurs défis demeurent, notamment dans les applications nécessitant les niveaux de protection les plus élevés.

La prochaine génération d’innovations devrait s’appuyer sur des technologies barrières recyclables, des structures fibreuses mono-matériaux et une meilleure compatibilité avec les infrastructures de récupération existantes. Les avancées dans les revêtements, les matériaux et les procédés de transformation continueront d’y jouer un rôle central.

Pour l’industrie de l’emballage, la prochaine grande évolution ne sera peut-être pas liée à un matériau révolutionnaire unique, mais plutôt à la capacité des fabricants à concilier performance, recyclabilité et compétitivité économique dans un contexte réglementaire et environnemental en constante évolution.