Les perspectives de relance de l’usine papetière F.F. Soucy, à Rivière-du-Loup, demeurent très limitées à la suite de la première assemblée des créanciers tenue le 22 janvier.
Selon Radio-Canada, le syndic Raymond Chabot y a dressé un portrait jugé préoccupant, évoquant une probabilité faible de reprise des activités.
Réunie en visioconférence, l’assemblée a rassemblé entre 40 et 50 créanciers. Le syndic a confirmé que l’ensemble des grandes entreprises du secteur des pâtes et papiers avaient été approchées afin d’évaluer leur intérêt pour une relance. À ce stade, aucun projet concret ne se dégage.
Selon les professionnels responsables du dossier, le scénario d’un démantèlement du site apparaît désormais plus plausible qu’une reprise industrielle. Le syndic a toutefois indiqué qu’il analyserait toute offre éventuelle, tout en évitant de créer de faux espoirs auprès des créanciers.
Coûts élevés et options limitées
D’après les informations relayées par les médias locaux, le maintien des mesures conservatoires représente un enjeu majeur. La préservation des installations entraînerait des coûts d’environ 10 000 $ par jour, notamment pour l’électricité et le chauffage. Le syndic ne disposerait pas des moyens financiers pour prolonger ces mesures pendant plusieurs mois dans l’attente hypothétique d’un repreneur.
Une entente serait intervenue avec Hydro-Québec afin de maintenir l’alimentation électrique du site. Celle-ci doit être approuvée par la Cour supérieure et prévoirait une charge prioritaire pour l’électricité fournie depuis la faillite, survenue le 23 décembre.
Le syndic envisagerait également la vente de certains actifs jugés non essentiels à une éventuelle relance, dont le centre sportif situé sur le site, afin de financer les mesures conservatoires et conserver une certaine flexibilité quant à l’avenir du terrain.
Créanciers non garantis dans l’incertitude
Les responsables du syndic auraient indiqué qu’il est prématuré de déterminer si les créanciers non garantis pourront obtenir un remboursement partiel. Les passifs garantis excéderaient largement la valeur des actifs immobiliers et des équipements.
Selon les données présentées lors de l’assemblée, plus de 400 entreprises figureraient parmi les créanciers, dont seulement quelques-unes détiennent des garanties. Le syndic s’attendrait à recevoir différentes offres au cours des prochaines semaines et estime qu’une orientation claire — relance, démantèlement ou autre usage — devrait se préciser d’ici un à deux mois.
Les autorités municipales et provinciales disent suivre le dossier de près. La Ville de Rivière-du-Loup aurait manifesté un intérêt pour certains actifs immobiliers du site, sans que cela ne préjuge de l’avenir industriel de l’ancienne usine.

