West Fraser a enregistré une perte nette au premier trimestre de 2026, affectée par des charges importantes liées aux droits de douane, malgré des activités opérationnelles demeurées positives. Les résultats ont été publiés le 29 avril.
Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 1,334 milliard de dollars et une perte nette de 188 millions de dollars, soit 2,40 $ par action diluée. L’EBITDA ajusté s’établit à -66 millions de dollars, incluant une charge de 114 millions de dollars liée à des ajustements de droits portant sur des périodes antérieures.
Hors cet impact non monétaire, l’entreprise indique que ses principaux segments — bois d’œuvre, produits de bois d’ingénierie (EWP) en Amérique du Nord et en Europe — ont généré un EBITDA ajusté positif.
« Bien que le résultat net ait été affecté par des ajustements significatifs de droits non monétaires, ceux-ci concernent des expéditions des années précédentes », a indiqué le chef de la direction, Sean McLaren, ajoutant que l’entreprise continue de bénéficier d’une amélioration des prix des commodités.
Opérations et ajustements de capacité
Sur le plan opérationnel, West Fraser a souligné la reprise rapide de son usine de bois d’œuvre de Blue Ridge, en Alberta, après un incendie survenu en janvier. Le site a retrouvé des niveaux de production normaux, sans incident enregistrable lors du redémarrage.
Le groupe a également confirmé la fermeture progressive de son usine d’OSB de High Level, en Alberta, une décision visant à mieux aligner l’offre avec la demande.
Situation financière et allocation du capital
Les liquidités et placements à court terme ont reculé à 81 millions de dollars à la fin du trimestre, contre 202 millions à la fin de 2025. L’entreprise a tiré 203 millions de dollars sur sa facilité de crédit de 1 milliard de dollars.
Les dépenses en capital ont atteint 94 millions de dollars au cours du trimestre. West Fraser a maintenu son dividende trimestriel à 0,32 $ par action et n’a procédé à aucun rachat d’actions.
Un marché toujours incertain
West Fraser souligne que l’accessibilité au logement continue de peser sur la demande, les taux hypothécaires étant repassés au-dessus de 6 % dans un contexte de tensions géopolitiques et de risques inflationnistes.
Si les fondamentaux à long terme de la construction résidentielle demeurent favorables — notamment en raison des tendances démographiques et du vieillissement du parc immobilier — la demande à court terme pour le bois d’œuvre et les panneaux devrait rester sous pression.
Pour 2026, l’entreprise prévoit :
- des expéditions de bois d’œuvre entre 2,4 et 2,7 milliards de pieds-planche
- des expéditions d’OSB en Amérique du Nord entre 5,9 et 6,3 milliards de pieds carrés
- des expéditions d’OSB en Europe entre 1,0 et 1,25 milliard de pieds carrés
Les investissements en capital sont attendus entre 300 et 350 millions de dollars sur l’année.
Pressions sur les coûts
West Fraser anticipe une hausse des coûts des intrants, notamment pour les carburants, les produits chimiques et les cires, dans le contexte des événements mondiaux du début de 2026.
Si aucune perturbation majeure n’est attendue du côté de la main-d’œuvre ou des équipements, l’incertitude géopolitique continue de peser sur les perspectives.
West Fraser est un producteur diversifié de produits du bois, exploitant plus de 50 installations au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe. Son portefeuille comprend le bois d’œuvre, les produits de bois d’ingénierie, la pâte, le papier et des résidus de bois utilisés dans la construction, l’industrie et l’emballage.

