REP : les convertisseurs d’emballages face aux nouvelles exigences

Emballage imprimé présentant un marquage Domino et un code 2D.

L’impression numérique et les données variables peuvent aider les convertisseurs à adapter les informations d’emballage à l’évolution des exigences réglementaires et de recyclage. Photo : Domino.

De l’industrie

Les régimes de responsabilité élargie des producteurs (REP) se multiplient dans le secteur de l’emballage, amenant les marques et leurs fournisseurs à accorder davantage d’attention à la recyclabilité, au choix des matériaux et à la documentation de conformité.

Dans une récente analyse sectorielle, Mike Barry, directeur commercial de l’impression numérique pour l’Amérique du Nord chez Domino, estime que cette évolution pousse les convertisseurs au-delà de leur rôle traditionnel de production. Les marques recherchent de plus en plus un soutien technique pour composer avec des exigences de REP qui varient selon les marchés. Domino souligne notamment l’importance croissante des données sur la composition, le poids des emballages, les encres et les adhésifs.

La tendance est particulièrement visible aux États-Unis, où la REP des emballages demeure réglementée à l’échelle des États. Sept États américains ont maintenant adopté des programmes de REP pour les emballages, Washington étant devenu le septième avec un régime couvrant les emballages et les produits de papier. Les exigences et les calendriers de mise en œuvre diffèrent toutefois considérablement d’un État à l’autre.

 Cette diversité réglementaire est particulièrement importante pour les convertisseurs qui servent des clients dans plusieurs territoires. En Oregon, par exemple, les producteurs de produits visés doivent s’inscrire auprès d’un organisme de responsabilité des producteurs (Producer Responsibility Organization, ou PRO) approuvé, déclarer les produits couverts mis sur le marché dans l’État et acquitter les contributions requises. Circular Action Alliance est actuellement le seul PRO approuvé en Oregon, tandis que les petits producteurs répondant aux critères prévus par la loi sont exemptés de ces obligations.

La conformité entre dans la conception

Pour les convertisseurs — et les fournisseurs de matériaux qui les approvisionnent — la REP fait entrer les considérations réglementaires plus tôt dans le processus de conception des emballages.

En Californie, la loi SB 54 prévoit notamment, d’ici 2032, une réduction de 25 % des plastiques à usage unique visés par rapport à 2023, un taux de recyclage de 65 % pour ces matières ainsi que l’obligation que les emballages couverts soient recyclables ou compostables.

Dans son analyse, Domino souligne également le rôle croissant de l’écomodulation, qui peut faire varier les contributions exigées des producteurs selon des caractéristiques telles que la recyclabilité ou les choix de matériaux. Certains choix d’encres ou de matériaux peuvent également nuire à la recyclabilité d’un emballage et entraîner des coûts plus élevés pour les marques.

Pour les convertisseurs, cette évolution renforce l’importance de comprendre comment les substrats, les étiquettes, les adhésifs, les encres et les autres composants peuvent influencer la performance d’un emballage en fin de vie.

Barry fait valoir qu’un emballage par ailleurs recyclable peut être affecté par certains choix effectués lors des opérations d’impression et de conversion. Selon lui, cette situation crée une occasion pour les convertisseurs de collaborer plus étroitement avec les marques, les concepteurs d’emballages et les fournisseurs de matériaux afin de concilier exigences réglementaires, qualité d’impression, cohérence de la marque et efficacité de production.

Le PPWR renforce les exigences en Europe

En Europe, le Règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) s’applique dans l’Union européenne depuis le 12 août 2026. Il établit un cadre harmonisé pour l’ensemble du cycle de vie des emballages, avec des exigences qui entreront progressivement en vigueur.

Le règlement prévoit que tous les emballages mis sur le marché soient recyclables. À partir de 2030 — ou selon le calendrier prévu pour l’adoption des actes d’application correspondants — leur performance de recyclabilité sera évaluée selon des critères harmonisés de conception en vue du recyclage. Des exigences relatives au recyclage à l’échelle s’ajouteront par la suite.

Les emballages en papier et carton font partie des catégories couvertes par ce cadre de recyclabilité.

Pour les convertisseurs qui approvisionnent des marques présentes sur plusieurs marchés, la documentation prend donc une importance accrue. Les renseignements sur la composition et le poids des emballages, ainsi que les données relatives aux encres, aux adhésifs et aux autres composants, peuvent contribuer à démontrer la conformité et à faciliter les obligations de déclaration. Domino indique que ce type de documentation peut notamment aider les marques à satisfaire leurs obligations de déclaration et, dans l’Union européenne, à préparer les déclarations de conformité prévues par le PPWR.

L’impression numérique comme outil de flexibilité

Domino présente l’impression numérique comme l’un des outils pouvant aider les convertisseurs à s’adapter à cette évolution.

Parce qu’elle permet de produire des tirages plus courts sans changement de plaques conventionnelles, elle peut faciliter la mise à jour des visuels, la production de variantes destinées à différents marchés ou l’intégration de données variables lorsque les exigences réglementaires et les consignes de recyclage diffèrent d’un territoire à l’autre.

 La technologie peut également servir à intégrer des codes QR sérialisés et d’autres identifiants variables. Dans le cadre du PPWR, des supports numériques comme les codes QR sont prévus pour certaines informations relatives aux emballages, notamment dans le cas des emballages réutilisables. Le règlement n’établit toutefois pas un passeport numérique universel obligatoire pour chaque emballage.

Pour les convertisseurs, l’enjeu dépasse cependant le choix d’une technologie d’impression. À mesure que les régimes de REP et les exigences de recyclabilité progressent, les fournisseurs d’emballages sont davantage appelés à comprendre les conséquences réglementaires des matériaux et des procédés qu’ils recommandent.

L’expertise en matière de recyclabilité, de substrats, d’encres et de documentation de conformité pourrait ainsi prendre une place croissante dans la relation avec les marques, aux côtés de la qualité d’impression, des coûts et de la performance de production.