Droits de douane : l’APFC salue l’aide de 7,5 G$

Piles de bois d’œuvre entreposées dans un bâtiment industriel

L’APFC salue les nouvelles mesures fédérales, mais insiste sur la nécessité d’un soutien rapidement accessible au secteur forestier. Image : APFC

De l’industrie

L’Association des produits forestiers du Canada (APFC) accueille favorablement les nouvelles mesures fédérales destinées aux entreprises et aux travailleurs touchés par les droits de douane américains.

Elle prévient toutefois que leur efficacité dépendra de la rapidité et de la facilité avec lesquelles les entreprises pourront y accéder.

Cette réaction survient au lendemain d’un appel pressant lancé par l’association afin de protéger les installations, les emplois et les collectivités du secteur forestier. Le gouvernement fédéral a depuis annoncé un ensemble de mesures nouvelles et bonifiées totalisant 7,5 milliards de dollars.

Le programme comprend notamment 1,5 milliard de dollars supplémentaires pour l’Initiative régionale de réponse tarifaire, ainsi qu’un nouveau volet de liquidités de 500 millions de dollars administré par la Banque de développement du Canada. Celui-ci doit aider les entreprises à gérer leurs besoins immédiats de trésorerie et prévoit des programmes ciblés pour les secteurs forestier, sidérurgique et de l’aluminium.

Ottawa consacrera également 2 milliards de dollars au nouveau Fonds de diversification pour un Canada fort et 3,5 milliards de dollars à des mesures destinées aux travailleurs et aux employeurs. Ces dernières incluent des assouplissements temporaires de l’assurance-emploi, de la formation en milieu de travail et un programme visant à favoriser le maintien en emploi.

Selon l’APFC, le secteur forestier figure parmi les industries canadiennes les plus exposées à l’escalade commerciale. Les nouveaux droits américains de 50 %, imposés au titre de l’article 338, s’ajoutent aux droits déjà en vigueur sur le bois d’œuvre résineux et aux droits distincts appliqués en vertu de l’article 232.

Selon l’association, le cumul des droits et taxes applicables aux produits forestiers canadiens varie désormais de 25 % à 85 %, selon les catégories de produits. Le contreplaqué, les produits en bois lamellé, les panneaux de fibres, le papier et les emballages font partie des produits à valeur ajoutée touchés. L’APFC souligne que ces catégories sont au cœur des efforts de modernisation et de diversification du secteur forestier canadien.

À compter du 8 septembre, le Canada imposera des contre-mesures tarifaires de 15 %, 25 % ou 50 %, selon les catégories de produits, sur 27,6 milliards de dollars d’importations américaines. Les pâtes et papiers figurent parmi les secteurs visés, aux côtés de l’acier, des produits laitiers, de l’électroménager, du matériel agricole et de l’électronique.

L’APFC demande que les mesures de soutien soient adaptées aux réalités opérationnelles des entreprises et accompagnées de mécanismes de remise capables d’éviter des conséquences imprévues sur les chaînes d’approvisionnement. Elle réclame également une surveillance accrue des importations susceptibles d’être détournées vers le marché canadien à des prix inéquitables.

L’association souhaite en outre une mise en œuvre rapide des recommandations du Groupe de travail sur la transformation du secteur forestier, notamment en matière d’accès à la fibre, d’efficacité réglementaire, de transport, de résilience face aux feux de forêt et d’investissements dans la production à valeur ajoutée. Elle appelle aussi Ottawa à stimuler la demande intérieure par ses programmes de logement, d’infrastructures et d’approvisionnement.

« Aucune mesure de soutien ne peut remplacer un accès fiable à notre plus grand marché d’exportation », a déclaré Derek Nighbor, président-directeur général de l’APFC. L’association continue donc de réclamer la suppression des droits américains et un règlement durable du différend sur le bois d’œuvre.

L’Association des produits forestiers du Canada représente les producteurs canadiens de bois, de pâte et de papier au pays et à l’étranger sur les questions gouvernementales, commerciales et environnementales. Le secteur forestier canadien génère plus de 87,2 milliards de dollars de revenus annuels, procure environ 200 000 emplois directs et exerce ses activités dans des centaines de communautés.