Le papier gagne du terrain dans l’emballage flexible

Gros plan de fibres de papier superposées illustrant les emballages souples à base de papier.

Les emballages souples à base de papier gagnent du terrain, mais les défis liés à la performance, aux coûts et à la fin de vie freinent encore leur adoption à grande échelle. Image : Fondation Ellen MacArthur.

Avancées dans l’industrie papetière

Les emballages flexibles à base de papier suscitent un intérêt croissant chez les grandes marques et les investisseurs, mais des obstacles techniques, économiques et infrastructurels continuent de limiter leur déploiement commercial.

La Fondation Ellen MacArthur estime qu’environ 25 000 emballages en plastique flexible, notamment des sachets, des emballages souples et des pochettes, se retrouvent chaque seconde dans les océans. Sans mesures supplémentaires, 20 000 milliards d’articles pourraient s’y ajouter d’ici 2040. Ces petits formats restent particulièrement difficiles et coûteux à collecter et à recycler dans plusieurs des marchés où ils sont largement utilisés.

Un rapport publié par la Fondation au début de 2026 a examiné le rôle que pourraient jouer les solutions à base de papier lorsqu’il n’est pas possible d’éliminer l’emballage. Appuyé par 48 entreprises, organisations non gouvernementales, investisseurs et universitaires, il établit six critères pour encadrer une transition responsable.

Les emballages flexibles à base de papier devraient utiliser des fibres issues de sources responsables, réduire les impacts de la production, répondre aux exigences fonctionnelles des produits, être compatibles avec les systèmes locaux de collecte et de recyclage, employer des substances chimiques qui ne génèrent pas de pollution persistante et contribuer aux objectifs de l’économie circulaire.

La Fondation prévient qu’un remplacement du plastique par le papier ne respectant pas ces conditions pourrait déplacer les pressions environnementales vers les forêts et les ressources hydriques. Les revêtements, les adhésifs et les encres pourraient également générer une pollution persistante ou nuire au recyclage et à la biodégradation. Pour la plupart des applications, aucune solution ne répond encore aux six critères à une échelle commerciale.

Plusieurs entreprises de biens de consommation passent néanmoins de la recherche au déploiement. Unilever a évalué environ 3 000 technologies d’emballage en cinq ans et prévoit déployer des emballages flexibles à base de papier à l’échelle commerciale d’ici la fin de 2028. L’entreprise a intégré une cible correspondante à son Sustainability Progress Index, qui lie les progrès réalisés à la rémunération des dirigeants.

Les investissements spécialisés progressent également dans ce secteur. Circulate Capital a mobilisé 220 M$ US lors de la première clôture de son deuxième fonds axé sur l’Asie en 2026. Celui-ci cible les chaînes d’approvisionnement circulaires en Asie du Sud et du Sud-Est, et inclut les solutions d’emballage à base de papier parmi ses priorités d’investissement.

Défis de performance et de fin de vie

Le papier seul offre rarement les propriétés barrières contre l’humidité, les graisses et l’oxygène qu’exigent les produits plus sensibles. Les fabricants ajoutent généralement des revêtements, des couches barrières, des adhésifs et des encres pour protéger les produits et prolonger leur durée de conservation. Le principal défi consiste à atteindre ces performances sans compromettre la recyclabilité ou la biodégradabilité.

Parmi les pistes citées par la Fondation figurent les revêtements en biopolymères, les traitements de surface du papier et les couches barrières plus minces. Le dépôt de couches atomiques (atomic layer deposition ou ALD) est étudié comme moyen d’appliquer des barrières fonctionnelles ultraminces tout en réduisant la quantité de matériau utilisée. La Fondation cite également les résidus agricoles et d’autres fibres non ligneuses comme matières premières potentielles susceptibles de réduire les impacts sur l’utilisation des terres et la biodiversité.

Les programmes d’innovation ouverte soutiennent aussi ces travaux. Le défi sur les emballages lancé par Kraft Heinz en 2025 a retenu Kalpana Systems pour sa technologie de dépôt spatial de couches atomiques, tandis qu’Amcor a recherché des jeunes entreprises développant des adhésifs compostables et des revêtements à haute performance.

Les coûts constituent un autre obstacle majeur. Selon la Fondation, les emballages flexibles à base de papier compostables à domicile coûtent actuellement de deux à six fois plus cher que les formats en plastique comparables. Les lignes de conditionnement existantes peuvent également fonctionner plus lentement avec les matériaux à base de papier.

Réduire ces écarts exigera une augmentation des volumes de production, une adaptation des lignes de conditionnement et une collaboration entre les marques, les fournisseurs, les recycleurs, les investisseurs et les décideurs publics. Les infrastructures de collecte et de recyclage devront également progresser parallèlement à l’innovation dans les matériaux.

La Fondation Ellen MacArthur est un organisme international sans but lucratif qui collabore avec les entreprises, les gouvernements et les chercheurs afin d’accélérer la transition vers une économie circulaire.