DicinFoam a lancé à Vancouver la production pilote d’une mousse de bois biodégradable destinée aux emballages de protection et à l’isolation des bâtiments. L’installation permettra de valider la technologie auprès de clients potentiels avant un passage à une production de plus grande envergure.
Plusieurs équipes de recherche explorent déjà la fabrication de mousses à partir de résidus de bois. Le projet DicinFoam se distingue toutefois par son passage à l’échelle pilote, son modèle commercial autochtone et ses projets d’implantation dans des collectivités situées à proximité des ressources forestières.
DicinFoam est une filiale détenue majoritairement par Yinka Dene Economic Development Limited Partnership, le bras économique de la Première Nation des Wet’suwet’en. Son nom reprend le mot dicin, qui signifie « bois » en langue wet’suwet’en.
La technologie a été mise au point dans le laboratoire de Feng Jiang, professeur à la Faculté de foresterie et de gestion environnementale de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC). La propriété intellectuelle est détenue conjointement par l’UBC et Yinka Dene Economic Development.
Le procédé utilise de la chaleur, un traitement mécanique et une faible quantité d’additifs chimiques pour transformer la fibre de bois en un matériau léger. L’installation traite notamment des résidus d’épinette, de pin et de sapin.
Le procédé est conçu pour accepter divers intrants de faible valeur, notamment des résidus de coupe, de l’écorce, de la sciure, des copeaux et du bois touché par les insectes ou les incendies. D’autres fibres cellulosiques, comme le carton et le papier recyclés ou les boues de pâte, pourraient aussi être utilisées selon les formulations.
La mousse peut être moulée pour former des emballages de protection destinés à remplacer certains produits en mousse plastique. Selon DicinFoam, elle est conçue pour se dégrader dans le sol en quelques mois, selon les conditions d’utilisation et de dégradation.
Une version plus dense est aussi développée sous forme de panneaux isolants, notamment pour les murs hors sol. Le produit fait encore l’objet d’essais et de travaux de mise au point en vue de répondre aux exigences de performance et aux normes applicables au bâtiment.
Selon l’UBC, l’usine pilote produit actuellement de 150 à 200 kg de mousse par jour. Ce volume permet à des clients potentiels d’évaluer les performances du matériau, tout en aidant l’entreprise à vérifier la régularité du procédé pour des pièces de plus grandes dimensions. DicinFoam partage ses installations avec Plantee, un fabricant de matériaux de construction à base de bois qui contribue au passage à l’échelle.
Le gouvernement fédéral a accordé 1,66 million de dollars au projet dans le cadre du programme Investissements dans la transformation de l’industrie forestière. Ce soutien vise à accélérer la démonstration industrielle de la technologie et la commercialisation de produits forestiers à plus forte valeur ajoutée.
DicinFoam prévoit ensuite une installation d’une capacité annuelle de 1 000 tonnes à Burns Lake, sur le territoire wet’suwet’en. Le projet pourrait créer jusqu’à 15 emplois et favoriser le développement d’une chaîne d’approvisionnement régionale pour les résidus de bois.
À plus long terme, l’entreprise envisage une usine d’une capacité de 15 000 tonnes par année sur l’île de Vancouver. Cette phase pourrait générer de 35 à 60 emplois supplémentaires et servir de modèle à d’autres installations de production appartenant à des communautés autochtones.
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Sources : Université de la Colombie-Britannique et Ressources naturelles Canada

