Le Maître Papetier

Vendredi 15 décembre 2017

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Méli-mélo printanier (ou pré-estival!)

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Les dernières semaines ont été riches en événements dans l'industrie et, avec votre permission, je laisserai de côté la formule traditionnelle du sujet éditorial unique pour plutôt commenter plusieurs dossiers qui valent la peine qu'on s'y attarde un peu. Commençons d'abord par une denrée rare, soit une (assez) bonne nouvelle.

Moins de perte en 2010

Il faut s'en réjouir : l'industrie papetière va réduire ses pertes en 2010 et fort probablement renouer avec la rentabilité en 2011. Selon le Conference Board, la production globale de l'industrie papetière canadienne devrait grimper de 3% pour l'année en cours, mais les compagnies afficheront tout de même une perte globale de 139 millions$. C'est loin d'être désastreux si on tient compte du fait que les pertes affichées pour 2008 et 2009 dépassaient le milliard de dollars pour chacune de ces années! De 2008 à 2010, plus de 20 000 emplois ont été supprimés et le visage de notre industrie a passablement changé : Cascades et Domtar demeurent solidement implantés, Tembec vit avec l'espoir d'une remontée plus vive des prix du bois d'œuvre et AbitibiBowater ... qui sait vraiment ce qu'il adviendra d'Abitibi??

Gatineau retient son souffle

Plus que jamais le message est clair au sein du groupe d'usines d'AbitibiBowater : personne n'est à l'abri. À Gatineau, la récente fermeture (temporaire) passe vraiment de travers chez les employés. Et avec raison : j'ai maintes fois visité ce complexe dans les années 90 et au début des années 2000, et j'y ai toujours rencontré des gens motivés, dévoués et surtout attachés à leur usine, que celle-ci soit sous la bannière de Produits forestiers Canadien Pacifique ou celle de Bowater. La nouvelle de la mi-mai fait d'autant plus mal que les discussions avec la direction de l'entreprise n'ont jamais permis d'anticiper la décision. Après tout, Gatineau est une usine performante, profitable même, qui a reçu sa part d'investissements depuis le début des années 90 (autour de 1 milliard$). Selon le président du syndicat à l'usine, Gaston Carrière, Gatineau peut encore améliorer sa productivité, moyennant un investissement somme toute raisonnable de 10 millions$ pour passer à 100% de production de pâte thermomécanique. Il souligne, avec justesse, qu'il en coûterait plus cher au gouvernement de maintenir les 300 travailleurs sur l'assurance-emploi pendant un an que de contribuer à ce projet de relance.

Les irréductibles Gaulois

Dans mon éditorial d'octobre 2009, je commentais la résistance qui s'est organisée autour de la fermeture de l'usine AbitibiBowater à Dolbeau, ainsi que le contexte de l'évolution de cette usine bien implantée dans le quotidien des gens du Lac Saint-Jean. Non seulement le mouvement n'a pas perdu de sa vigueur, mais il a élevé la vigile d'un cran, de peur de voir l'entreprise lancer des travaux de démantèlement de l'équipement à l'usine. André Guy, le président du Comité Forêt bouger, a implanté toute une logistique de surveillance et d'alarme, incluant une caméra de surveillance à l'extérieur de l'usine, reliée au site internet du comité, afin de détecter la moindre activité suspecte. Si c'était le cas, les cloches d'églises et les sirènes de camions de pompier de la ville retentiraient à tout rompre. La semaine dernière, le préfet de la MRC, Jean-Pierre Boivin, a rencontré la direction d'AbitibiBowater pour discuter du projet de complexe intégré et de relance de l'usine. On lui a clairement signifié qu'aucune décision ne serait prise tant que la compagnie sera sous la protection de la Loi sur les faillites. En ce sens, il serait surprenant qu'AbitibiBowater investisse de l'argent dans le démantèlement d'équipements à l'usine. Mais les ex-travailleurs de Dolbeau restent méfiants, ayant appris à leurs dépens que l'habit ne fait pas le moine ...

Domtar fait son nid

Que les esseulés de l'ancienne usine de pâte de Lebel-sur-Quévillon se le tiennent pour dit : Domtar est à nouveau profitable et ce n'est pas au Québec mais bien en Ontario qu'elle fait son nid pour la fabrication de pâte commerciale. La ville de Dryden fête en ce moment son centenaire d'existence, et le premier-ministre du Canada, Stephen Harper, en a profité, le 21 mai dernier, pour annoncer un investissement à l'usine Domtar, qui est au cœur de l'existence de cette municipalité, en vertu du Programme d'écologisation des pâtes et papiers. Les investissements prévus permettront d'augmenter la production annuelle en électricité de l'usine de plus de 128 000 mégawattheure, de sorte que l'électricité générée comblera presque entièrement les besoins de l'usine. Les travailleurs de Dryden auront au moins bénéficié d'un meilleur sort que ceux de Lebel-sur-Quévillon.

Une campagne intéressante

J'ai été en quelque sorte accroché par la campagne commandée le mois dernier par Domtar et réalisée par Eric Mower & Associates, qui démontre que l'idée d'un monde sans papier va trop loin, selon des étudiants universitaires. En fait, 70% d'entre eux ne veulent pas entendre parler de recevoir un diplôme électronique : la valeur attachée à un tel document, qui représente un jalon dans la vie d'une personne, commande selon eux une présence physique tangible. Pour ce qui est des notes de cours, 52% disent préférer recevoir des notes sur papier. Je n'ai aucune idée de l'efficacité d'une telle campagne auprès de la population, mais il faut féliciter l'initiative de Domtar pour redorer l'image du papier. Celle-ci sort du cadre un peu trop rigide de l'Association des produits forestiers du Canada (FPAC), dont les campagnes de publicité visent moins la population que les politiciens. Et le fait de jouer sur les habitudes de vie et la présence du papier au quotidien n'est pas si bête après tout ...

Le grand retour de la pâte de rayonne

Avec l'heureuse réouverture de l'usine de pâte de Thurso, Le Maître Papetier a récemment commandé auprès d'une firme spécialisée une étude sur le phénomène de la pâte de rayonne, dite viscose. Après une période de déclin d'une trentaine d'années, des années 1970 à la fin des années 1990, la pâte viscose effectue un retour remarqué. Très prochainement sur Le Maître Papetier, vous serez en mesure de lire cet excellent article, qui retrace l'historique du procédé de mise en pâte viscose de même que ses progrès technologiques et identifie les raisons de son retour en force sur les marchés mondiaux. Une exclusivité à ne pas manquer sur votre référence papetière, lemaitrepapetier.ca.


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