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L’industrie forestière pour lutter contre les changements climatiques

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Entrevue avec Luc Blanchette, ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs pour le gouvernement du Québec

Québec mise sur l'industrie forestière pour remplir une partie de ses engagements en ce qui a trait à la lutte aux changements climatiques. Pour mieux comprendre comment le gouvernement compte s'y prendre pour atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre, Le Maître papetier s'est entretenu avec Luc Blanchette, le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs.

Le Maître papetier : Le forestier en chef a récemment proposé d'augmenter la production de bois de 50 % pour créer des stocks de carbone tout en produisant assez de bois pour l'industrie. Est-ce une bonne stratégie ?
Luc Blanchette : Nous sommes en train d'analyser le rapport, mais ça semble une bonne stratégie pour répondre à plusieurs besoins, dont les demandes des autochtones pour la pratique de leurs activités ancestrales. La société exige aussi la création de plus d'aires protégées, et notre gouvernement s'est engagé à protéger 20 % du territoire. Si on veut maintenir ou augmenter la capacité forestière, tout en protégeant des espaces, pourquoi ne pas intensifier les surfaces productives. Je suis convaincu que l'aménagement intensif est intéressant et porteur d'avenir. On doit toutefois analyser le rapport du forestier en chef, qui a été fait de façon indépendante. On va l'analyser selon les besoins pour chaque région. Cette année, on a reçu un volume de bois supplémentaire à allouer et on a reçu énormément de demandes. L'intensification pourrait nous permettre d'offrir plus de bois à la transformation.

LMP : Dans votre présentation, vous avez dit que la société change et qu'elle souhaite lutter activement pour la lutte aux changements climatiques. Le reboisement est une solution acceptée par la population, mais l'utilisation du bois est beaucoup plus critiquée malgré les recherches scientifiques qui démontrent leur importance pour la lutte aux CC. Comment faire passer le message pour favoriser l'utilisation des produits du bois ?
L. B. : Il existe encore plusieurs mythes et on est en train de les défaire. On a notamment mis en place le consortium Une forêt de possibilités regroupant une cinquantaine de partenaires dont le Jour de la Terre ou encore le Club 4H, des municipalités, des syndicats, des industriels et plus encore. Tout le monde dit que l'industrie est mal perçue et qu'on doit en faire plus. On a commencé à faire des capsules pour éduquer la population qui démontre comment l'arbre capte le carbone pendant sa période de croissance. On ne doit pas juste travailler sur l'aspect scientifique. On doit aussi faire de la pédagogie auprès de la population pour démontrer que l'utilisation des produits du bois est bonne pour l'environnement et pour l'emploi.

La charte du bois favorise aussi une plus grande utilisation du bois dans les structures et l'apparence. Au Québec on fait maintenant de bâtiments de 12 étages en bois. Non seulement c'est beau, mais ça crée de l'emploi dans toutes les régions du Québec. Il y a aussi le volet de reconversion de nos machines à papier pour faire du biocarburant, de la biomasse, pour récupérer la lignine. On est vraiment rendu dans la chimie verte. Je pense que c'est une façon intéressante. Si on reconvertit des machines en créant de la valeur ajoutée, on est vraiment sur la voie de l'avenir pour l'industrie.

LMP : Quel est le rôle pour favoriser l'essor de la bioéconomie ?
L. B : Il y a trois choses. On doit faire de la recherche et développement, mais ce n'est pas toujours l'industrie privée qui peut le faire. Tant mieux quand on peut faire des partenariats. Il faut adapter nos programmes à la nouvelle réalité de l'innovation, comme on a fait avec le programme Manufacturiers innovants qu'on a lancé avec ma collègue Dominique Anglade au MESI. On n'a pas le choix de se moderniser pour garder la vingtaine d'usines de pâtes et papier pour conserver les emplois. On doit aussi faire de la communication pour démontrer que l'industrie forestière est une industrie moderne tournée vers l'avenir.

LMP : Au niveau énergétique, comment le gouvernement peut-il aider l'émergence des bioénergies ?
L. B : C'est par l'exemplarité. On a beaucoup de bâtiments au gouvernement du Québec. Si on se met à chauffer des écoles, des hôpitaux ou d'autres bâtiments avec de la biomasse, on donne l'exemple et on crée une demande. Par ailleurs, nos flottes de matériel roulant pourraient aussi être converties pour rouler avec des biocarburants. C'est le genre de projet sur nos planches à dessin pour utiliser la force de frappe du gouvernement du Québec.

LMP : De quoi êtes-vous le plus fier de votre mandat de ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs ?
L. B. : C'est la mobilisation que j'ai réussi à faire entre les partenaires municipaux, industriels, syndicaux et gouvernementaux, qui a servi, notamment pendant la crise du bois d'œuvre à solliciter le fédéral pour différents programmes comme celui pour le reboisement. Ça va servir pour la Charte du bois, pour les tables de concertation sur la faune. Le Forum innovation bois est un autre bon exemple, car ça nous a permis de sortir 40 mesures adaptées, qui ont été si populaires qu'on a dû trouver des fonds supplémentaires pour donner un second souffle. C'est vraiment ma signature d'avoir fait autant de concertation et de partenariats. C'est en se parlant qu'on est capable d'adapter nos programmes.


 

 
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