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La bioéconomie, un projet de société ?

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Glenn Mason, Murray McLaughlin, Warren Mabee, Paul Lansbergen et Paul Stuart lors de la conférence BIOFOR International 2017.

Peut-on faire de la bioéconomie un projet de société ? C'est du moins ce que souhaite Glenn Mason, sous-ministre-adjoint pour Ressources naturelles Canada.

Le Canada s'est bâti en misant sur ses ressources forestières. Pour continuer à prospérer, la forêt fait aussi partie de la solution, estime le sous-ministre adjoint. « Il n'y a pas de solutions aux changements climatiques qui n'impliquent pas la forêt », a-t-il mentionné dans un panel de discussion tenu dans le cadre de la conférence BIOFOR.

Et c'est d'autant plus vrai pour le gouvernement canadien qui souhaite réduire de 17% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 (comparativement aux niveaux de 2005) et réduire de 30% les émissions de GES d'ici 2030. « Le gouvernement canadien reconnaît le potentiel du bois pour remplacer des carburants fossiles non renouvelables », a ajouté M. Mason, qui souligne au passage qu'Ottawa a mis en place un programme pan-canadien de tarification du carbone.

Une panoplie de programmes sont à l'étude en ce moment pour déterminer quelles sont les meilleures façons de soutenir l'émergence de la bioéconomie. Pour construire sur des bases solides, Ressources naturelles Canada, avec l'aide du Conseil des ministres canadiens des forêts, publiera le Cadre des politiques sur la bioéconomie forestière.

Avec cet outil, les entreprises canadiennes pourront ensuite développer des regroupements multisectoriels, qui permettront de développer des nouvelles plateformes technologiques, a pour sa part mentionné Paul Lansbergen, vice-président de l'Association des Produits forestiers du Canada (APFC).

Selon Warren Mabee, titulaire de la Chaire de recherche sur le développement des énergies renouvelables à l'université Queen's, l'industrie et le gouvernement devront éventuellement définir dans quel but le Canada souhaite développer la bioéconomie. « Voulons-nous créer plus d'emplois, réduire les émissions de gaz à effet de serre ou augmenter le PIB ? Peu importe le choix qui sera fait, il devra y avoir des compromis », dit-il.

Mais pour mesurer les impacts de la bioéconomie sur l'économie canadienne, il faut d'abord se donner de bons outils. « Nous ne savons pas combien la bioéconomie génère d'emplois pour l'instant, car nous n'avons pas les bonnes données », a souligné Glen Mason, en citant en exemple la Suède, qui, en faisant le calcul, a démontré que la bioéconomie représentait 7% du PIB. « Nous devons nous y attarder, car c'est probablement plus élevé qu'on ne le pense », a-t-il ajouté.

Par exemple, l'usine de BioAmber, une usine de produits chimiques faits avec du maïs, à Sarnia en Ontario n'a pour l'instant que quelques centaines d'employés. « Mais l'usine achète le maïs de plus de 6000 agriculteurs, ce qui a un impact énorme sur l'économie ontarienne », a expliqué Murray McLaughlin, conseiller pour Bioindustrial Innovations Canada.

Pour maintenir son rôle de leader de la bioéconomie, le Canada doit s'ouvrir sur le monde pour développer des partenariats clés, ajoute ce dernier. « Ce genre de partenariat permet de mettre le Canada sur la carte, en attirant de la main-d'œuvre compétente et en permettant de développer de nouveaux marchés », dit-il.

Le Canada semble donc sur la bonne voie pour développer le secteur de la bioéconomie. Pour Glenn Mason, il est toutefois possible d'en faire plus. « Nous avons fait les premiers pas, mais je pense que nous avons maintenant besoin d'en faire un projet de société. Nous ne pouvons pas nous permettre de délaisser le secteur forestier. C'est un secteur trop important pour les économies locales. »

 


 

 
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