Le groupe français Soprema a jusqu’au 24 août pour finaliser son projet de reprise de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. L’industriel alsacien est le candidat dont l’identité n’avait pas été révélée lors de la précédente audience du tribunal de commerce de Toulouse.
Soprema avait transmis une lettre d’intention à la fin de juillet, quelques jours avant que le tribunal ne se prononce sur l’avenir des deux usines de Fibre Excellence. Le groupe a depuis versé la garantie de deux millions d’euros exigée pour permettre la poursuite de l’examen de son projet.
Une nouvelle audience est prévue le 8 septembre. D’ici là, Soprema devra préciser les volets industriels, sociaux et financiers de son offre, qui porte uniquement sur l’usine de Saint-Gaudens.
Le site emploie près de 300 personnes et possède une capacité de production annuelle d’environ 280 000 tonnes de pâte à papier. Cette matière première entre notamment dans la fabrication de papiers, d’emballages et de produits sanitaires.
Fondé en 1908 et dirigé par la famille Bindschedler, Soprema est spécialisé dans les solutions d’étanchéité, d’isolation et de couverture pour le bâtiment. Le groupe emploie près de 13 000 personnes et exploite 145 usines ainsi que 24 centres de recherche et développement. Son chiffre d’affaires a atteint 5,2 milliards d’euros en 2025.
L’entreprise développe également ses activités dans les matériaux biosourcés et les fibres naturelles. Elle est notamment présente en Occitanie par l’intermédiaire de Sotextho, une filiale établie dans le Tarn qui fabrique des non-tissés à base de fibres naturelles. Soprema n’a toutefois pas encore précisé comment l’usine de Saint-Gaudens pourrait s’intégrer à ses activités.
La candidature de Soprema intervient après le rejet de l’offre de Combat Holding, contrôlée par Matthieu Pigasse. Cette proposition visait les usines de Saint-Gaudens et de Tarascon, mais dépendait de plusieurs mesures de soutien public. Son rejet a mené à la liquidation judiciaire du site de Tarascon, tandis que le dépôt de la lettre d’intention de Soprema a permis de prolonger le processus pour Saint-Gaudens.
Les prochaines étapes dépendront du contenu de l’offre définitive et de son examen par le tribunal. Les élus régionaux et les représentants des salariés réclament également l’appui de l’État afin de consolider le projet industriel et son financement.

