L’Ontario accorde 5,1 M$ à Bioveld North pour financer des travaux d’ingénierie et d’évaluation en vue d’une éventuelle remise en service et de la modernisation de l’usine de pâtes et papiers d’Espanola.
Le financement servira à élaborer un plan de relance et à déterminer les améliorations susceptibles d’accroître l’efficacité, la fiabilité et la compétitivité de l’usine. Il permettra également d’examiner les possibilités de diversifier ses activités au-delà des pâtes et papiers, notamment dans les carburants renouvelables et d’autres bioproduits.
Cet investissement intervient à un stade préliminaire du projet et ne confirme pas la remise en service de l’usine. Bioveld North utilisera ces travaux pour évaluer la viabilité du projet, définir les exigences techniques d’une modernisation plus vaste et soutenir ses démarches visant à attirer des capitaux privés.
Selon la province, une relance réussie pourrait créer jusqu’à 400 emplois directs et 2 000 emplois indirects. Elle pourrait également rétablir une demande annuelle atteignant 1,8 million de mètres cubes de bois provenant de sources durables.
Le projet pourrait en outre générer des occasions d’affaires pour les entreprises de récolte forestière, les transporteurs, les entreprises autochtones et les fournisseurs de services régionaux.
Le gouvernement associe également ce financement à ses efforts pour renforcer la résilience du secteur forestier face aux droits de douane américains et à l’évolution des marchés internationaux.
Bioveld North, une filiale canadienne du Groupe BMI, a acquis l’ancienne usine Domtar en 2025 avec l’objectif de la remettre en service, de la moderniser et d’en faire le pilier d’une nouvelle bioéconomie régionale.
Paul Veldman, directeur général du Groupe BMI, a indiqué que les travaux d’ingénierie permettront de déterminer si l’usine peut être relancée. L’entreprise envisage une installation diversifiée pouvant produire des pâtes et papiers, des biocarburants, du biochar et d’autres produits à faibles émissions de carbone.
L’Ontario considère les usines phares comme des maillons structurants de la chaîne d’approvisionnement forestière, puisqu’elles créent des débouchés pour la fibre de bois et soutiennent les scieries, les entrepreneurs et d’autres entreprises régionales.
Kevin Holland, ministre associé des Forêts et des Produits forestiers de l’Ontario, a déclaré que l’investissement vise à redynamiser un actif économique important pour la région tout en ouvrant de nouveaux marchés au secteur forestier provincial.
Le financement provient du Programme ontarien d’utilisation de la biomasse forestière, qui investit jusqu’à 20 M$ par année dans des projets visant à accroître l’utilisation de la biomasse et à développer de nouvelles applications pour le bois.
Depuis son lancement en 2023, le programme a consacré plus de 70 M$ à 68 projets. Selon la province, ces investissements ont permis de mobiliser près de 260 M$ en financement externe supplémentaire et de créer plus de 110 emplois.
Le projet d’Espanola s’inscrit également dans la Feuille de route pour la protection du secteur forestier de l’Ontario, un plan décennal axé sur les tensions commerciales, la diversification des marchés et les produits forestiers de nouvelle génération.
Selon le gouvernement provincial, le secteur forestier ontarien génère près de 21 milliards de dollars en revenus d’entreprise et soutient environ 155 000 emplois.

