Élections 2026 : le CIFQ fixe ses priorités forestières

De l’industrie

À l’approche des élections provinciales, le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) appelle les partis à faire de la forêt une priorité et présente quatre axes d’action pour le prochain gouvernement.

Le CIFQ formule ses demandes dans un contexte marqué par les tensions commerciales, les difficultés d’approvisionnement en fibre, les changements climatiques, la transition énergétique et la nécessité de diversifier les marchés.

Selon son président, Michel Vincent, le prochain gouvernement devra proposer une vision claire de la forêt et de l’industrie forestière. Il estime que le secteur doit revoir certaines de ses approches et ses modèles de gestion afin de demeurer moderne, compétitif et durable.

Accroître la participation des Premières Nations

La première priorité concerne le renforcement de partenariats durables avec les Premières Nations. Le CIFQ souhaite maintenir un dialogue permanent avec les communautés et accroître leur participation à la gouvernance ainsi qu’aux décisions touchant l’aménagement et la gestion du territoire.

L’organisation demande également au gouvernement de soutenir des modèles de collaboration permettant aux Premières Nations de participer davantage aux activités forestières et de bénéficier de leurs retombées économiques.

Moderniser la gestion du territoire

Le deuxième axe porte sur la modernisation du régime forestier. Le CIFQ réclame une gestion plus agile, prévisible et adaptée aux réalités régionales, fondée sur une meilleure conciliation des objectifs de production, de conservation et des autres usages du territoire.

Dans son document sur les priorités électorales, l’organisation demande que toute décision susceptible de réduire l’accès au territoire forestier ou la possibilité forestière fasse l’objet d’une analyse de ses conséquences économiques et, au besoin, de mesures d’atténuation.

Elle propose aussi de décentraliser certaines décisions, de simplifier le cadre administratif et réglementaire et d’améliorer la prévisibilité de l’accès à la ressource.

Le CIFQ souhaite également que le système de tarification du bois tienne davantage compte des réalités économiques régionales et des conditions du marché. Il propose qu’une partie des redevances forestières soit réinvestie dans les communautés où la récolte est effectuée afin de renforcer les retombées économiques locales.

« L’accès à la fibre demeure la pierre d’assise de toute la chaîne de valeur forestière », affirme Michel Vincent. Le CIFQ soutient que les décisions gouvernementales devraient systématiquement tenir compte de leurs effets sur le coût de la fibre livrée aux usines.

Soutenir la modernisation des usines

La troisième priorité vise la compétitivité et les investissements. Le CIFQ propose l’adoption d’une stratégie de développement industriel propre au secteur forestier, accompagnée d’objectifs, de mesures concrètes et de mécanismes de suivi.

L’organisation demande aussi le maintien d’un avantage concurrentiel en matière d’énergie, un cadre réglementaire plus prévisible et un meilleur accès à la main-d’œuvre qualifiée. Elle souhaite notamment faciliter le recours au Programme des travailleurs étrangers temporaires lorsque les besoins ne peuvent être comblés localement.

Le développement de produits à forte valeur ajoutée issus des coproduits forestiers figure également parmi les mesures proposées. Le CIFQ veut par ailleurs que la contribution du secteur à la transition énergétique, à l’économie circulaire, à la séquestration du carbone et à la décarbonation soit davantage reconnue.

Accroître l’utilisation du bois québécois

La quatrième priorité porte sur le développement des marchés. Le CIFQ demande au gouvernement de privilégier le bois dans la construction et la rénovation des bâtiments publics et de maintenir un cadre réglementaire favorisant son utilisation dans les projets résidentiels et commerciaux.

L’organisation recommande aussi d’encourager les systèmes préfabriqués en bois afin d’accélérer la construction de logements. Elle souhaite que Québec soutienne davantage la deuxième et la troisième transformation pour accroître la valeur des produits forestiers fabriqués dans la province.

Le CIFQ demande en outre d’accélérer la mise en œuvre des recommandations du Groupe de travail sur la transformation du secteur forestier, en collaboration avec le gouvernement fédéral.

Enfin, l’organisation invite les gouvernements du Québec et du Canada à faire de la défense de l’industrie forestière une priorité dans leurs relations commerciales, particulièrement face aux tarifs douaniers américains et aux autres mesures protectionnistes.

Pour le CIFQ, ces quatre priorités doivent s’inscrire dans une approche intégrée de la gestion du territoire afin de réduire les conflits d’usage, d’améliorer la prévisibilité et de soutenir les communautés forestières.

Le Conseil de l’industrie forestière du Québec représente des entreprises actives dans le sciage résineux et feuillu, le déroulage, les pâtes, les papiers, les cartons, les panneaux et la fabrication de bois d’ingénierie.

Selon le CIFQ, l’industrie forestière contribue à la vitalité économique de plus de 900 municipalités, soit 83 % des municipalités québécoises. Une étude d’impact de PwC portant sur l’année 2021 lui attribuait également, directement et indirectement, près de 130 000 emplois.