Remède de charlatan ou produit miracle?

- Source : archives, LMP

Martin Fairbank
Typographie

L'utilisation de l’expression « remède de charlatan » comme expression péjorative remonte à la fin des années 1800 lorsque les « médicaments brevetés » étaient souvent proposés par des vendeurs ambulants ou sur les dernières pages des journaux, promettant de guérir une grande variété de maux, avec peu de preuves de leurs pouvoirs curatifs.

MF 18fev21 2Dans le cas de l'infâme Clark Stanley, également connu sous le nom de Rattlesnake King, il a vendu le « Stanley's Snake Oil », qui, après avoir été analysée par des enquêteurs fédéraux américains, s'est avérée contenir principalement de l'huile minérale, de la graisse de bœuf, du poivron rouge et de la térébenthine! Il a finalement reçu une amende de 20 $ pour avoir violé la loi sur les aliments et drogues de 1906 et pour fausse représentation de son produit!

À un moment donné dans le passé, je suis devenu une sorte de gardien pour évaluer de nouveaux produits chimiques. À l'époque, je travaillais au centre de recherche et développement d'une entreprise de pâtes et papiers et j'étais l'un des très rares employés détenant un doctorat en chimie, une discipline qui m'a bien formé à la méthode scientifique.

Les entreprises de produits chimiques de l'époque envoyaient souvent des vendeurs avec peu ou pas de formation scientifique, pour essayer de convaincre les usines d'essayer leurs nouveaux produits, en promettant des économies de coûts ou une amélioration de la qualité (je suis heureux de dire qu'aujourd'hui, ils ont une bien meilleure base technique). Contrairement aux clients crédules de Clark Stanley, la plupart des usines de papier demandaient une preuve de ces affirmations, et certains de ces fournisseurs étaient envoyés au département de recherche pour déterminer si leurs affirmations étaient véridiques.

Vous avez probablement appris la méthode scientifique à l'école secondaire, mais vous serez nombreux à en avoir oublié les bases. Voici comment j'utilisais généralement la méthode scientifique pour évaluer un nouveau produit :

  1. Recherche de base – A-t-on déjà examiné cette question et qu'a-t-on appris?
  2. Question – Quels sont les faits et ce qui est inconnu?
  3. Hypothèse – En théorie, comment ça fonctionne, et comment prouver que ça fonctionne?
  4. Expérimenter – Procéder à des essais expérimentaux pour déterminer si l'hypothèse est correcte.
  5. Observer – Documenter les résultats des essais.
  6. Conclusions – Que nous disent les résultats?
  7. Communiquer – Documenter tout ce qui précède et planifier les prochaines étapes.

Les résultats positifs en laboratoire ne mènent pas toujours au succès dans l'usine, pour diverses raisons. Au fil des ans, j'ai vu des succès et de nombreux échecs. De nombreux produits que j'ai évalués se sont avérés être des « remèdes de charlatan » – n'ayant aucun effet mesurable ou ne donnant des résultats que dans des conditions inacceptables, comme un coût trop élevé, ou nécessitant un changement majeur du procédé auquel il serait appliqué.

Il y a environ 30 ans, un agent opacifiant organique a été un exemple de produit réussi. À cette époque, le papier journal fabriqué avec la pâte mécanique de meule n’arrivait pas à concurrencer celui fabriqué avec de la pâte thermomécanique (PTM) en raison d'une opacité plus faible, et les imprimeurs se plaignaient de la transparence (impression visible de l'autre côté de la feuille). La solution classique consistait à ajouter de l'argile calcinée, mais cela était coûteux, exigeait des produits chimiques supplémentaires pour retenir l'argile et pouvait être abrasif pour l'équipement de machine à papier à des niveaux d’ajout élevés. L'hypothèse était que cet agent opacifiant organique était un polymère à longue chaîne avec deux extrémités cationiques qui pourraient se fixer à deux surfaces et les maintenir séparées, créant des espaces d'air entre les fibres de bois, ce qui augmentait l'opacité de la feuille. Bien que de nombreux fournisseurs proposent aujourd'hui des produits similaires pour des applications dans d'autres catégories de papier, il s'agissait d'une nouvelle approche à l'époque. Aujourd'hui, cependant, le papier journal n'est plus fabriqué avec la pâte mécanique de meule, ce qui a éliminé le besoin d’utiliser des agents opacifiants.

Un exemple de succès partiel a été le blanchiment avec de l'hydrosulfite dans un raffineur de PTM. Il est très difficile de simuler cela dans un laboratoire, mais nous avons eu accès à un raffineur d'usine pilote de 12 pouces qui était un bon moyen de tester la technique. Les premiers résultats étaient très prometteurs, car ils montraient que la pâte pouvait être blanchie en quelques minutes seulement comparativement à 60 à 90 minutes dans une tour de blanchiment conventionnelle ou un cuvier de machine, et l'efficacité était meilleure car l'hydrosulfite est oxydé par l'air, et le raffineur de PTM fait un bon travail de désaération de la pâte. La première installation de la technologie s'est bien déroulée pendant plusieurs mois, jusqu'à ce qu'une inspection de routine fasse ressortir que l'arbre d'entraînement du raffineur était corrodé par l'acide sulfurique, un sous-produit de l'oxydation de l'hydrosulfite. Heureusement, nous avons pu trouver une solution technique au problème, et le blanchiment à l'hydrosulfite à l’étape du raffinage est maintenant utilisé dans de nombreuses usines de PTM à travers le monde.

Une partie importante des progrès scientifiques consiste à utiliser ce que nous apprenons de nos échecs pour concevoir de meilleurs produits, et mon nom figure sur un brevet de 1997 pour une formulation d'agent de blanchiment à l'hydrosulfite qui empêche l'acide corrosif de se former dans le blanchiment à l’étape du raffinage – une solution alternative au problème.


Martin Fairbank a travaillé dans le domaine de la foresterie pendant 31 ans, y compris de nombreuses années pour un producteur de pâtes et papier et deux ans avec Ressources Naturelles Canada. Détenteur d'un PhD en chimie et d'une expérience en amélioration de procédés, développement de produits, gestion d'énergie et de production rentable, Martin est actuellement un conseiller indépendant basé à Montréal. Il est également écrivain et a publié récemment Resolute Roots qui relate les 200 ans d'histoire de la compagnie Produits forestiers Résolu et de ses prédécesseurs.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Martin Fairbank Consulting

Expérience Industrielle

  • Pâtes et Papiers
  • Recyclage des Matériaux
  • Bioraffinerie
  • Fabrication
  • Gouvernement

Services

  • Marchés du Carbone
    . Crédits carbone
    . Empreinte carbone
    . Analyse de cycle de vie
  • Évaluation des Projets
    . Rédaction des propositions pour financement gouvernemental
    . Évaluation des projets techniques pour les agences gouvernementales
  • Règlementations des Produits Chimiques
    . Conseil en matière d'observation des règlements
    . Interprétation des questionnaires chimiques
  • Amélioration Continue
    . Amélioration des procédés
    . Production au plus juste
Nous utilisons des cookies sur notre site Web. Certains d'entre eux sont indispensables au fonctionnement du site, tandis que d'autres nous aident à améliorer ce site et l'expérience utilisateur (cookies de suivi). Vous pouvez décider vous-même si vous souhaitez autoriser ou non les cookies. Veuillez noter que si vous les refusez, vous ne pourrez peut-être pas utiliser toutes les fonctionnalités du site.