Le Maître Papetier

Mercredi 17 octobre 2018

twitteryoutube

Accueil PAPTAC Couverture de PWC/BIOFOR 2018 Jim Carr, le baril de pétrole et l’arbre

Jim Carr, le baril de pétrole et l’arbre

Envoyer Imprimer PDF

Le ministre fédéral des Ressources naturelles du Canada est prêt à venir en aide à l'industrie pour réduire l'impact des droits compensateurs imposés par les États-Unis.

Dans le cadre de la deuxième journée de PaperWeek 2018, le ministre des Ressources naturelles du Canada, l'honorable Jim Carr, a prononcé un discours encourageant et empreint d'optimisme pour l'industrie forestière et ceci malgré une année 2017 difficile, car ponctuée par des feux de forêt historiques, des infestations dévastatrices ainsi que « des mesures protectionnistes, ou droits punitifs, de la part de notre principal partenaire commercial sur différents produits, du bois d'œuvre résineux au papier journal. »

Dispute commerciale

À ce sujet la position du gouvernement libéral est claire : « les droits américains sont injustes, injustifiés et sans fondement. » Le Canada défend l'intérêt des entreprises et des travailleurs canadiens devant l'Organisation mondiale du commerce et les mécanismes de règlement des différends prévu par l'Accord de libre-échange nord-américain. Malgré son optimisme sur les chances de remporter cette bataille juridique, il faudra toutefois prévoir des temps difficiles dans plusieurs communautés. Le département du Commerce américain impose des droits compensateurs variant de 0,65% à 9,93% aux producteurs canadiens de papier non couché comme le papier journal. Environ 25 usines de papier sont touchées au Canada.

En mentionnant une récente visite commerciale en Chine, « où nous exportons 25 fois plus de produits du bois qu'en 2002 », le ministre explique l'importance pour le secteur d'ouvrir des marchés à l'étranger, non seulement dans le contexte de la situation avec l'ALENA, mais aussi parce que la diversification des produits implique l'intégration commerciale transnationale. Par ailleurs, très tôt, le gouvernement est intervenu grâce au Plan d'action sur le bois d'œuvre résineux. Le plan prévoit un soutien de 867 millions de dollars pour les entreprises lésées et comprend des garanties de prêts pour l'industrie ainsi, à titre d'exemple, d'un financement pour aider les provinces à soutenir les travailleurs. Le tout est assorti d'investissements dans plusieurs programmes d'innovation forestière et d'un accès aux programmes qui aideront les entreprises à conquérir de nouveaux marchés.


Le discours du ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, était donné en marge de la 3e édition de la conférence BIOFOR. © Paper Advance

Une transformation historique... toujours en cours

La réinvention de l'industrie qui a suivi les années difficiles après la crise économique de 2008 a favorisé la diversification des produits offerts par le secteur et ceci a été souligné par le ministre Carr. À ceci, il faut ajouter une dépendance aux marchés traditionnels qui est toujours moins importante. Jim Carr note que l'on retrouve aujourd'hui les bioproduits forestiers dans un nombre considérable d'applications industrielles : plastiques, peintures, pièces de voiture, matériaux de construction, cosmétiques, produits chimiques, etc.

Soutien gouvernemental renouvelé

Un des messages forts transmis par le ministre aujourd'hui est que le gouvernement soutiendra encore l'industrie indéfectiblement. Le ministre rappelle que lors de son dernier passage à PaperWeek en 2017 il avait promis de travailler avec l'industrie pour définir une vision nationale en matière de bioéconomie forestière. Or, il affirme aujourd'hui très fièrement avoir livré la marchandise. Un des objectifs de cette « vision nationale » est que le Canada devienne un chef de file dans l'utilisation de la biomasse forestière. Jim Carr décrit ainsi les quatre piliers sur lesquels repose le Cadre de la bioéconomie forestière : « 1º des collectivités et des relations porteuses d'emplois et de croissance (...) ; 2º un approvisionnement prévisible en biomasse (...) ; 3º une demande de bioproduits (...) ; et 4º l'innovation (...). »

Biorévolution tranquille

« Aujourd'hui, tout ce qu'il est possible de fabriquer à partir d'un baril de pétrole peut se fabriquer à partir d'un arbre », lançait le ministre libéral, avant de préciser que la biomasse était la seule ressource renouvelable pouvant remplacer le carbone tiré des combustibles fossiles. Le discours prononcé devant un auditoire déjà bien au fait des avancées forestières en matière de bioéconomie listait bioproduits, biomatériaux, biocarburants et bioénergie comme « compléments importants des dérivés fossiles – et solutions de rechange viables à ceux-ci ». Citant l'Agence internationale de l'énergie, Jim Carr explique que les biocarburants peuvent constituer environ 30% de l'ensemble des carburants de transport d'ici 2050 et en ce domaine, « le Canada jouit d'une position idéale pour diriger cette biorévolution – le Canada possède 9% des forêts mondiales ».


 


 

 

 

 

 

© Paper Advance

 
le maitre papetier
Spi-Bio
buckman banner
Vision Biomase Québec