Accueil Blogues Marie Laberge La légalisation du cannabis et ses opportunités de meilleure gestion

La légalisation du cannabis et ses opportunités de meilleure gestion

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Je sais, tout le monde en parle et on en parle probablement trop. Mais lors d'un tout récent événement public à Saguenay où je donnais ma conférence sur les Coups de pouce, les participants m'ont questionnée sur ce sujet et la discussion qui en découla fut fort enrichissante. Je voulais vous la partager.

Vous commencez à me connaître! Ne pas tenter de changer le monde, mais bien de s'y adapter en organisant le contexte pour qu'il soit favorable à de bonnes décisions. Il ne s'agit donc pas ici d'un éditorial sur le pour et le contre de nouvelles lois sur le cannabis, mais bien de savoir répondre à un enjeu du monde du travail dont on parle beaucoup, mais qui existe tout de même depuis longtemps sous la forme de problèmes de santé mentale, dont les dépendances.

Partant du principe qu'un retour en arrière n'est pas possible, que le cannabis et autre drogue, légaux ou non, existent depuis des lunes et que des personnes éprouvant des problèmes de consommation sont déjà présentes dans nos milieux de travail, il serait peu réaliste de croire que le défi puisse être émergent. Au contraire, il est déjà présent.

Et si le phénomène de société actuel représentait une opportunité de mieux faire les choses à partir de maintenant? Dans une perspective de développement d'un milieu de travail compétitif, attractif et de mieux-être, je vous propose d'aborder l'enjeu selon l'angle suivant.

Diagnostic

Deux axes d'intervention devraient faire l'objet de l'analyse. Le premier vise à comprendre les tendances via ce qui est arrivé au sein de l'organisation. Comme pour tout événement, les données d'absentéisme à cet égard sont un bon point de départ. Le problème qui se pose en santé mentale, c'est l'interprétation des causes d'absentéisme. En effet, force est de constater que les causes recensées en regard aux absences au travail liées à la santé mentale sont souvent biaisées. Pourquoi? Tout simplement parce que les personnes ne nous disent pas la vérité. Malhonnêtes, menteuses, déplaisantes ces personnes, diront certains. Mais non, tout simplement à l'image de ce qui est prescrit par l'organisation. Les tabous en présence n'encouragent pas la transmission de la bonne information, du genre :

Employé : « Bonjour! Je serai absent aujourd'hui, car j'ai fêté trop fort hier, comme trop souvent. Et je suis encore sous influence de l'alcool et des drogues que j'ai consommés. Dans cet état, je ne serais pas sécuritaire pour mes collègues et moi-même. »

Et vous de répondre : « Merci de nous en informer et de ton attitude proactive à l'égard de tes collègues. Écoute, as-tu prévu être sobre aujourd'hui? Oui, alors on compte sur toi pour rentrer au travail demain. Avant de débuter ta journée, viens nous rencontrer, on aimerait aborder le sujet avec toi. Un de tes collègues rencontrait le même défi il y a quelques années. On lui a donné un coup de pouce et il est libéré aujourd'hui. On peut te le faire rencontrer si tu veux. Quand tu le voudras. À demain. »

Je vous entends me dire : caricature, monde de pouliches, utopie! À votre guise. Vous êtes libres d'opter pour le statuquo ou le changement de paradigme. Dans le premier cas, attelez-vous à travailler fort, à vous investir et à investir, parce que les résultats seront toujours mitigés du fait que vos analyses porteront sur de l'interprétation. Beaucoup d'efforts pour peu de résultats au final. J'avoue que la seconde option puisse être difficile à encaisser. Ça parait gros, complexe et trop humain « sur les bords ». Mais bien outillé, cela s'avère le chemin le plus simple à emprunter. Partir de données factuelles et représentatives ne peut que vous conduire aux causes fondamentales et par conséquent, à en faire moins pour plus de résultats! Et c'est une telle attitude managériale favorable à la transparence de part et d'autre qui vous conduira à l'obtention de la bonne information.

Prévention

Cela nous conduisant au second axe. Le plus important et le plus mobilisant. Celui de la prévention, et ce, qu'il y ait ou non un problème d'absentéisme au sein de l'organisation. Mais attention, car il n'est pas question ici d'intervenir tous azimuts. Il faut agir sur ce qui aura le plus d'impact sur la performance humaine et organisationnelle grâce à une démarche de caractérisation des possibilités d'événements au travail et au domestique, notamment, par sondage. Une démarche structurée et une équipe tactique bien formée sur le sujet, de la même manière que vous le faites déjà avec les risques traditionnels (ergonomie, cadenassage, etc.), vous permettra de travailler par priorité déterminée selon un indice de risque objectif et faisant consensus. À moins d'exception, les dépendances en feront partie.

Gérer les enjeux de santé mentale et de mieux-être selon une approche pragmatique et soutenue n'est qu'une question de diligence. Osez innover dans vos pratiques de gestion et obtenez des résultats différents, plus performants.


Marie Laberge, experte-conseil en gestion de risque et culture organisationnelle. 25 ans d'excellence auprès de plus de 650 établissements, conférencière et auteure. marielabergeconsultante.com


 

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