Accueil Blogues Jaclin Ouellet Comment vivez-vous la pénurie de talents?

Comment vivez-vous la pénurie de talents?

Envoyer Imprimer PDF

Je vous pose la question à vous, papetiers et fournisseurs de l'industrie, car à moins que ce soit tabou, peu de compagnies veulent s'aventurer sur le sujet. Il y a tellement d'autres défis à relever au jour le jour, il est vrai : objectifs de production et financiers à atteindre, sources durables d'approvisionnement, économie circulaire, les multiples programmes d'amélioration continue, santé et sécurité des travailleurs ... La pénurie de main d'œuvre semble n'être qu'un problème parmi tant d'autres. Et pourtant ... Le Québec a hérité d'une position de tête au Canada dont il se passerait bien!

C'est ici en effet que la pénurie de main-d'œuvre est la plus criante. On compterait ainsi 117 700 postes vacants dans le secteur privé québécois, soit un taux de 4,1 %, alors que la moyenne canadienne est de 3,3 %, selon le tout dernier rapport de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

429 700 : c'est le nombre de postes vacants au Canada dans le secteur privé en septembre dernier, soit 3,3 % de la main-d'œuvre totale, pour le troisième trimestre de 2018. « Le taux de postes vacants dépasse les records enregistrés avant la crise financière de 2008 », indique Simon Gaudreault, directeur principal de la recherche nationale à la FCEI. Le Québec arrive en tête, suivi de la Colombie-Britannique et de l'Ontario avec des taux respectifs de 3,7 % et 3,3 %. En nombre absolu, c'est en Ontario qu'on trouve le plus grand nombre de postes vacants, soit 167 900. À l'autre bout du spectre, c'est dans les provinces atlantiques, plus particulièrement à Terre-Neuve-et-Labrador et à l'Île-du-Prince-Édouard, qu'on manque le moins de main-d'œuvre, avec des taux respectifs de 1,3 % et 1,5 %.

+ 2,6 % : Hausse moyenne de salaires prévue par les employeurs qui ont au moins un poste vacant, contre 1,7 % pour ceux qui n'en ont aucun.

UNE TENDANCE LOURDE

Si on exclut quelques baisses, notamment en 2009 et en 2014, le taux de postes vacants augmente constamment au Québec depuis 2004. Il était alors de 2 %. Mais c'est surtout depuis le printemps 2017 qu'on note une accélération de la pénurie, avec un taux qui a grimpé en flèche, de 2,9 % à 4,1 %. Dans le secteur manufacturier, la pénurie de main d'œuvre constitue carrément un frein à l'expansion et à la modernisation de plusieurs entreprises au Québec. Dans un sondage mené par les Manufacturiers et Exportateurs du Québec, 52% des dirigeants d'entreprises ont affirmé que le manque de soudeurs, de machinistes, de métallurgistes et d'opérateurs les empêchaient d'augmenter leur productivité.

À l'échelle canadienne, ce sont les entreprises comptant entre 5 et 19 employés qui sont les plus touchées, avec un taux de postes vacants de 4,9 %. En nombre absolu, ces petites entreprises ont 113 300 postes à pourvoir. La situation n'est pas rose non plus chez les entreprises comptant entre 1 et 4 employés, avec un taux de 4,5 %. Globalement, comme le relève la FCEI, la pénurie diminue avec la taille de l'entreprise : les entreprises comptant plus de 100 et 500 employés ont ainsi les taux de postes vacants les plus faibles, respectivement de 2,3 % et 2,4 %.

Et il n'y a pas que le Canada qui souffre. La multinationale International Paper tenait récemment, du 31 janvier au 2 février, une Foire à l'emploi au Embassy Suites Hotel de Baton Rouge, en Louisiane. International Paper est un chef de file dans les secteurs de l'emballage, de la pâte et du papier comptant environ 52 000 employés de par le monde. Le magazine FORTUNE a nommé International Paper "World's Most Admired Companies®" 15 fois au cours des 16 dernières années. IP recrute en ce moment pour ses installations américaines. Environ 89% de ces emplois sont ou seront localisés dans les Maritimes (78% au Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse).

« Le caractère du candidat importe autant que ses capacités. Nous voulons des employés qui ont non seulement le talent, le savoir-faire et une éthique de travail, mais qui s'engagent aussi à faire les bonnes choses, de la meilleure façon et pour les bonnes raisons, de préciser Tom Plath, VP senior aux Ressources humaines chez IP. Nous entretenons une culture inclusive qui attire et retient les meilleurs équipiers et qui leur permet d'apprendre, de croître et de contribuer à des résultats durables. »

Pendant ce temps, de ce côté-ci de la frontière, les Kruger, Résolu, Catalyst et même FPInnovations sont en mode recrutement. On a besoin de journaliers, bien entendu, mais aussi d'employés qualifiés dans des domaines très précis : superviseur électrotechnique, ingénieurs, technicien en électro-instrumentation et ingénieurs électrique. JD Irving Ltd annonçait de son côté, le 30 janvier dernier, qu'elle veut embaucher 7500 travailleurs à temps plein et 2500 étudiants dans l'ensemble de ses installations au Canada et aux États-Unis entre 2019 et 2021.

DES PISTES DE SOLUTION

La pénurie actuelle de talents fait naître de nouvelles tendances qui vont au-delà du simple recrutement. Sourcing, chatbot de recrutement, design thinking, gamification sont autant de nouvelles appellations et d'outils concrets pour être à l'avant-garde du recrutement en contexte de plein emploi.
Il importe d'abord de faire le diagnostic de votre situation, d'identifier vos forces et vos points à améliorer dans l'expérience candidat et employé. Il faut ensuite établir la marque de l'employeur ou comment se démarquer pour attirer les candidats. La formation des employés est aussi une façon de retenir ses employés tout en développant leurs compétences. Et puis il y a toujours le recrutement à l'international : il faut avoir de bonnes raisons d'y recourir et agir d'une certaine façon pour ne perdre ni temps ni argent.

Et les femmes dans tout ça? L'industrie papetière est partie de loin mais elles sont de plus en plus présentes à des postes clés, y compris les postes de direction. Encore faut-il les intéresser à s'épanouir dans les pâtes et papiers. Dans le cadre de son dîner d'affaire mardi le 5 février dernier, PaperWeek et BIOFOR ont abordé le thème de l'avancée des femmes dans des rôles de leadership dans l'industrie papetière. Le panel, composé de quatre professionnelles de l'industrie, a mis l'emphase sur l'importance d'attirer les femmes et de recruter plus de talents féminins. Dans un contexte de plein emploi et de fluctuations des résultats financiers, comment l'industrie peut-elle attirer plus de femmes et ainsi succéder aux pionnières qui ont joué un rôle primordial dans le développement des pâtes et papiers.

Et vous, comment faites-vous face à la rareté de la main d'œuvre qualifiée? Je vous invite à communiquer avec nous et à nous faire connaître VOTRE façon de faire face à ce défi. Et si vous manquez d'inspiration, le journal Les Affaires tient les 13 et 14 mars prochain au Sheraton centre-ville Montréal une conférence sur le recrutement et la fidélisation en mode solution. Vous y retrouverez des sujets variés et pratiques comme l'évaluation de votre résilience face à la pénurie de talents, les grandes tendances dans le recrutement et la fidélisation, design thinking et marketing au service de votre stratégie de fidélisation, le sourcing, le storytelling, en un mot tous les outils qu'il faut pour faire vivre une expérience employé unique et fidéliser vos talents.




 

inscription-infolettre

acces-infolettres
le maitre papetier
fpinnovations banner
sdt ultrasound solutions
nalco banner
Spi-Bio
cristini banner
PaperCon 2019
le maitre papetier
le maitre papetier
le maitre papetier