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Vendredi 15 décembre 2017

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Meilleurs souhaits pour l'année 2011

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Paix, santé, prospérité : ces trois souhaits personnels reviennent constamment lorsque vient le temps de formuler nos vœux pour une nouvelle année. Bien que le Temps des Fêtes soit derrière nous, permettez-moi d'emprunter ces vœux pour les appliquer à l'industrie papetière et forestière, qui a d'ailleurs bien besoin de tous les bons vœux d'usage pour 2011!

Prospérité : depuis le début janvier, les bonnes nouvelles viennent du gouvernement fédéral qui multiplie les annonces de financement de projets en infrastructure dans le secteur papetier. Il est vrai qu'en matière d'investissement, l'industrie est depuis plusieurs années sur un régime minceur, pour ne pas dire famélique! Autant dans l'Ouest du Canada qu'au Québec et dans les Maritimes, le gouvernement conservateur a fait figure de père Noël en surtemps, distribuant les enveloppes cadeaux (non, pas d'enveloppes brunes!) aux papetières dans le besoin. Plus sérieusement, ces subventions n'ont rien de neuf : les projets financés font partie du programme d'écologisation des pâtes et papiers, dont la responsabilité incombe à Ressources naturelles Canada. Le programme doté d'une enveloppe de 1 milliard$ existe en fait depuis 2009 : si des annonces sont faites ces temps-ci, c'est que Ressources naturelles Canada a eu le temps d'examiner plusieurs projets et d'autres sont sur la table. Il y aura donc d'autres annonces d'ici les prochains mois, dans le cadre de ce programme qui se termine le 31 mars 2012. Pour la compagnie Domtar, par exemple, dont les finances se portent plutôt bien depuis un an, il s'agit d'une manne de 143 millions$ dont elle se servira pour réaliser des projets énergétiques qui viendront améliorer ses performances de production. À l'usine de Windsor, en Estrie, les deux projets annoncés visent à augmenter l'efficacité énergétique de la chaudière à biomasse, permettant ainsi de brûler plus de biomasse et de réduire la consommation de gaz naturel, et à réduire la consommation de vapeur des machines à papier. Les dépenses en immobilisations de ces deux projets s'élèvent à 24,8 millions de dollars et permettront à l'usine de Windsor de réduire sa consommation de gaz naturel de 17 millions de mètres cubes par année et de faire fléchir ses émissions de gaz à effet de serre de plus de 9 % par année. Bien entendu, on parle ici de mesures à court terme mais dont les impacts positifs devraient se prolonger à moyen terme et contribuer à la rentabilité de l'entreprise. Gardons toujours en tête que le Programme d'écologisation des pâtes et papiers n'est pas là pour rescaper les usines en détresse, mais bien pour aider les entreprises viables à réaliser certains projets. Celles qui vivent une grande précarité financière n'ont encore rien à se mettre sous la dent.

Santé : celle de l'industrie s'améliore, on le sent, mais elle demeure encore fragile. D'une part à cause de la timide reprise économique aux États-Unis et surtout de la stagnation des mises en chantier de nouvelles maisons. Une remontée durable de la demande pour le bois d'œuvre n'est d'ailleurs pas en vue en 2011. Les producteurs canadiens devront donc composer avec la faiblesse de la demande pour la construction aux États-Unis et avec la robustesse de la devise canadienne, qui vaut autant que le billet de l'Oncle Sam. Cela veut dire que les clients américains ne bénéficient plus de l'avantage du taux de change lorsqu'ils achètent du bois d'œuvre canadien. A prix égal, ils s'approvisionneront aux États-Unis, ou mieux, ils se tourneront vers des pays dont la devise reste faible comparativement au dollar US. À ce contexte particulier, il faut ajouter la restructuration inachevée de l'industrie. Le meilleur exemple de volatilité de la situation en ce moment se trouve chez AbitibiBowater. Dans le cadre de sa restructuration, AbitibiBowater a réduit ses coûts fixes de 880 millions de dollars américains par année, ce qui comprend une baisse de 164 millions de ses frais d'administration et de 500 millions des versements d'intérêts sur sa dette, laquelle a fondu de 6,8 milliards de dollars américains à 850 millions. Fraîchement sortie de la faillite, la nouvelle direction de l'entreprise, Richard Garneau à sa tête, croit pouvoir diminuer de 16 millions$ de plus par année ses frais d'administration et d'un montant non précisé ses versements d'intérêts en abaissant davantage sa dette. Dans les faits, l'avenir des usines Laurentide, Kénogami, Alma et Baie-Comeau est loin d'être assuré. Vente de terrains à Baie-Comeau, appropriation des revenus hydroélectriques aux usines Kénogami et Alma, toutes les avenues sont examinées pour éponger la dette restante de 800M$. Dans le cas des revenus hydroélectriques, l'usine d'Alma se verrait privée d'un revenu de 46$ la tonne produite; pour Kénogami, on parle de 85$ la tonne, donc des montants considérables qui mettent la rentabilité de ces usines en danger. Tant que ce dossier, ainsi que celui de Papiers White Birch, dont les usines ont été rachetées le mois dernier, ne seront pas réglés, il est difficile d'évaluer avec certitude si la santé de l'industrie s'améliorera en 2011.

Paix : j'aurais bien aimé la souhaiter en ce début d'année, mais cette paix risque d'être plutôt perturbée. D'abord avec le sempiternel conflit canado-américain sur le bois d'œuvre, qui refait surface. Bien que les récriminations américaines visent surtout les pratiques commerciales des producteurs de bois d'œuvre en Colombie-Britannique, il reste à voir comment le litige affectera les exportations des producteurs québécois. Ensuite il faut parler de paix sociale puisque la grogne règne chez les retraités de l'ancienne Papiers Fraser qui voient leurs prestations coupées. C'est surtout vrai pour ceux de l'usine d'Edmundston, au Nouveau-Brunswick, qui ont vu leurs chèques amputés de 31% en mai 2010, et qui doivent faire face à une nouvelle diminution de 4,4% en avril parce que le gouvernement de cette province ne veut pas compenser les baisses de cotisation de l'entreprise en faillite. Il faudra aussi suivre de près les négociations entre les syndiqués de l'usine Papier Masson, en Outaouais, et le nouveau propriétaire de l'usine, Black Diamond Capital Management. L'échéancier pour en arriver à une entente a été reporté trois fois. Les employés, à qui on demande d'augmenter leur semaine de travail de 40 à 45 heures, attendent des nouvelles d'ici la fin janvier. Comme si tout cela n'était pas assez, le gouvernement du Québec examine la possibilité d'élargir cette année la portée de la Loi R-20 sur les ouvrages en milieu industriel. Cela obligerait les entreprises papetières à confier encore plus de travaux mécaniques au secteur de la construction, avec toutes les hausses de coûts que cela implique (un projet hors décret est réalisé en usine à moindre coût alors que tout projet qui tombe sous le décret de la construction doit être réalisé par un entrepreneur spécialisé, dont les employés bénéficient de conditions de travail et de rémunération plus onéreuses).

Sincèrement je souhaite à nos lecteurs papetiers une excellente année 2011. Et à la lumière de tout ce qui précède, toute l'énergie et la persévérance pour passer au travers.


Jaclin-Ouellet
Jaclin Ouellet

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