Accueil Blogues Guillaume Roy Récupérer la chaleur des papetières pour créer plus de richesse

Récupérer la chaleur des papetières pour créer plus de richesse

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À compter du printemps 2017, les rejets de chaleur de l'usine de pâte kraft de Produits forestiers Résolu de Saint-Félicien fourniront au moins 25% des besoins énergétiques des Serres Toundra. Puis en 2018, le CO2 de la tour à chaux sera récupéré pour accélérer la croissance des concombres dans les serres. Le but de l'opération : créer plus de valeur dans la communauté avec les rejets de l'usine.

« Vous n'avez aucune idée à quel point je suis content d'être ici aujourd'hui, a lancé Richard Garneau, PDG de Produits forestiers Résolu, lors de l'inauguration officielle des Serres Toundra en décembre dernier. Les Serres Toundra, c'est un exemple tangible de ce qu'on peut faire dans une région rurale, dans une région nordique, pour soutenir notre économie et créer des emplois. C'est un modèle de développement durable pour l'industrie agroalimentaire qui aurait été impossible à réaliser sans les synergies avec l'usine. »

La récupération des rejets de l'usine de pâte kraft de Saint-Félicien est en effet la base du modèle d'affaires des Serres Toundra, détenu à 49 % par PFR, car l'entreprise obtiendra au moins 25% de son énergie gratuitement à compter du printemps prochain ! Un incitatif important pour les promoteurs qui ont investi 38 millions de dollars pour la construction de la première phase de 8,5 hectares de serres.

La ville de Saint-Félicien a joué un rôle clé dans le projet. «?J'ai toujours cru que l'énergie est la clé du développement. C'est pourquoi on a voulu extraire les puits d'énergie du secteur industriel pour créer des opportunités de développement économique?», soutient le maire de la ville Gilles Potvin, qui rêve d'un tel projet depuis plusieurs années. Mais avant de construire ce réseau de chaleur, la ville devait d'abord obtenir l'approbation du gouvernement, sous la forme d'un projet de loi, pour lui permettre de vendre et de distribuer de l'énergie. Une fois la loi promulguée, la ville a investit 7 millions de dollars, dont les 2/3 proviennent du Programme d'infrastructures Québec-Municipalités (PIQM) du gouvernement du Québec, pour bâtir le réseau de chaleur qui relie l'usine aux serres. Cette énergie est ensuite donnée au Serres Toundra comme incitatif dans le but de créer des emplois localement, ajoute le magistrat qui compte sur les taxes municipales et des redevances sur l'utilisation de l'énergie pour rembourser l'investissement de la ville.

En cette fin du mois de janvier, les conduites d'eau entre l'usine et les serres sont déjà installées, mais il reste à construire une chambre d'équilibrage de pression pour assurer une pression constante, explique M. Potvin. Le démarrage des installations se fera donc au printemps.

Mais d'où provient la source d'eau chaude du côté de l'usine qui exploite une unité de cogénération de 43 MW? « À travers les années, l'usine a optimisé son procédé et les sources d'eau chaude de qualité sont déjà utilisées dans le procédé, explique Jean Ménard, le directeur de l'usine. Il restait quand même quelques sources d'eau chaude provenant des tours de refroidissement des turbines. »

Le défi : trouver la bonne source d'énergie pour la bonne utilisation. Cette source de chaleur provient des turbines à condensation, qui, avec une efficacité de 30%, relâche 70% de son énergie sous la forme de chaleur. Après analyse, l'usine a choisi d'utiliser l'eau chaude provenant de la turbine de 3,2 MW, car son cycle de condensation produisait les températures idéales, 42 °C, pour les besoins des serres.

Jean-Michel Simard, surintendant des procédés dans l'usine explique comment se fait le transfert de chaleur de l'usine vers les serres, qui opèrent chacun un circuit indépendant en eau. « L'eau est d'abord réchauffée par l'énergie des turbines qui brûlent de la liqueur noire et de la biomasse, dit-il. Au lieu d'être refroidi dans les tours de refroidissement, il y a une portion d'eau chaude qui est détournée vers un échangeur à plaques. Dans l'échangeur, il y a plein de petites plaques, une à côté de l'autre, ou l'eau chaude croise l'eau froide, ce qui la réchauffe. »


Turbine à condensation

« On a hâte de voir quel impact cet ajout aura sur les équipements, parce que la performance de notre turbine dépend de la qualité de refroidissement qu'on a?< », note Jean Ménard. L'usine ne sera pas payée pour cette source d'énergie, mais elle contribue à la vitalité économique de la région et elle pourrait en tirer un bénéfice indirect. « J'aimerais qu'on maximise la récupération de chaleur par les serres en hiver pour réduire l'accumulation de glace qui se fait sur les tours », ajoute ce dernier.

Étant donné que les équipements installés sont simples (échangeurs à plaque, pompes centrifuges), la gestion des équipements sera automatisée. « Le défi au niveau des contrôles sera d'arrimer les besoins en refroidissement de notre turbine avec les besoins des serres », commente M. Simard.

À terme, la récupération de l'énergie provenant de l'usine de Résolu permettra d'éviter l'émission de 8000 tonnes CO2 par année. Mais ce n'est pas tout, car Produits forestiers Résolu a aussi signé une entente avec l'entreprise CO2 Solutions dans le but de capturer 30 tonnes de CO2 par jour provenant du four à chaux, ce qui représente 11 000 tonnes de CO2 sur une base annuelle, a mentionné fièrement Richard Garneau. Ce CO2 sera injecté dans les serres pour accélérer la croissance des concombres à compter de 2018.

« C'est la nouvelle écologie industrielle où les déchets d'une entreprise deviennent les intrants pour développer une nouvelle opportunité économique, ajoute le maire Potvin. Le gouvernement doit se servir de cette expérience pour monter un programme de diversification des régions forestières qui facilitera les investissements dans les infrastructures. »

« Je n'ai aucun doute que dans quelques années, les Serres Toundra vont être considérées comme modèle de dd partout au Québec, au Canada et partout en Amérique du Nord », a renchérit Richard Garneau.

Avec ses 235 employés, les rejets de l'usine de Saint-Félicien, qui produit 965 tonnes de pâte par jour, ont ainsi permis de créer 170 emplois supplémentaires dans les serres avoisinantes. Si les phases subséquentes se concrétisent aux Serres Toundra, il pourrait y avoir plus de 600 employés au cours des prochaines années.

Quand vous verrez les concombres des Serres Toundra dans le IGA de la province ou en mangeant un sous-marin chez Subway, dites-vous que c'est en partie grâce à l'industrie des pâtes et papiers.


 

 
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